Engouement pour les Diables rouges: "La Belgique c'est une marque"

Les supporters étaient présent au départ des Diables rouges pour la Croatie
Les supporters étaient présent au départ des Diables rouges pour la Croatie - © BRUNO FAHY - BELGA

L'engouement des Belges autour des Diables rouges ne devrait pas influer sur le score électoral de la N-VA explique le politologue Michel Hermans à la RTBF. "Le véritable ciment de la Belgique, c'est le statut de Bruxelles. Et la dette belge", selon lui.

Les Diables rouges sont-ils le nouveau ciment de la Belgique ? Interrogé par la RTBF, le politologue à HEC-Ulg Michel Hermans livre une réponse de Normand : "Le ciment réel, c’est l’Etat-nation, comme il existe en France ou en Allemagne par exemple. Cet élément de nation se base sur des valeurs politiques et sur la culture notamment. En Belgique, du côté flamand il y a sans doute une nation flamande. Mais il y a une nation belge très faible du côté flamand, et faible du côté francophone".  Les Diables rouges aident à souder la Belgique si l’on "se base sur une forme de patriotisme qui est plus affective et émotionnelle. Il y a un besoin de sentiment de fierté et d’appartenance à une certaine réussite, comme c’est le cas des Diables rouges ou du Prix Nobel de physique. Il y a aussi un sentiment d’appartenance à la monarchie avec le roi Philippe".

Cet engouement "peut retomber très vite, puisque cela touche le cerveau émotionnel qui a tendance à oublier les choses quand cela échoue. Dans les années ’86-87’, on était Belge quand Sandra Kim gagnait à l’Eurovision, et que les Diables rouges brillaient au Mondial. Depuis lors c’était retombé et il n’y avait plus personne dans les stades" poursuit Michel Hermans.

De l’huile dans les rouages

Mais le sentiment de fierté "n’a pas permis à la Belgique de se réunifier. Le vrai ciment de la Belgique c’est le statut de Bruxelles comme tel, et la dette belge" insiste Michel Hermans. Il n’y aura pas d’impact de l’engouement pour l’équipe nationale de football sur le score électoral de la N-VA, pense-t-il. La compétition au Brésil se déroulera après le scrutin de 2014, d’ailleurs. "En revanche, si la sixième réforme de l’Etat est bien mise en place et convient à la majorité des Flamands, cela pourrait mettre de l’huile dans les rouages d’un Etat belge, avec un sentiment d’appartenance".

Il tient aussi à rappeler que l’engouement a été surtout bâti autour d’une opération de marketing orchestrée par l’Union belge de football : "La Belgique c’est une marque. A New York on parle de la 'belgian beer', du 'belgian chocolate' ; et on ne sait pas finalement que la Belgique est un Etat".

"Il y a un côté politique au football en tant que tel. C’est le sport le plus populaire au monde et le football est généralement utilisé lorsqu’il y a un traité de paix, comme en Bosnie par exemple" conclut Miche Hermans.

A.L.

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