Ores l'annonce, le prix de l'énergie ne baissera pas

Le prix de l'énergie ne cesse d'augmenter. Accises, taxes en tous genres, il devient de plus en plus difficile de régler la note. Certains sont imaginatifs ou ont de quoi investir dans le renouvelable. Mais pour d'autres, c'est la galère.

Pour ouvrir notre débat, nous donnons tout d'abord la parole à cette citoyenne. Comme de nombreux Belges, elle n'arrive plus à supporter le prix du carburant, et plus spécialement celui du diesel.

Et cette évolution concerne également le gaz et l’électricité. Le prix moyen de l'électricité n'arrête pas d'augmenter et est aujourd'hui près de 90 à 100 euros plus cher que l'an dernier. Par rapport à l'an dernier, l'électricité est 30 euros/MWh plus chère. Pour une famille moyenne avec une consommation annuelle de 3,5 MWh, il faut compter de 90 à 100 euros en plus sur la facture, indique Lampiris. Une augmentation de prix confirmée par Eneco.

L'augmentation des prix vaut globalement pour tous les fournisseurs. Il est toutefois difficile de préciser si les prix vont encore augmenter dans les mois à venir, souligne-t-on chez Engie Electrabel. Ce que confirme Ores, de son côté, ce n'est en tout cas pas une diminution. 

Le CEO d'Ores en convient, il est impossible de promettre que les coûts de l'énergie diminueront à l'avenir. "Alors que nous avons la transition écologique devant nous qui nécessite des investissements colossaux, plusieurs dizaines de millions d'euros chaque année, on ne peut pas raconter que ça va baisser". Fernand Grifnée assure toutefois que leurs prix n’augmenteront que de 4% en six ans alors que l'inflation augmentera de 12-14%.

De son côté, Test-achats donne des pistes afin d'optimiser ses coûts énergétiques. Cela passe par une analyse des propositions faites par les différents acteurs de l'énergie. Mais ne nous cachons pas, la facture a augmenté de 60% depuis 2010. Une augmentation qu'il faut imputer à la taxation. "Je n'ai pas de problème à ce qu'il y ait un rôle des pouvoirs publics à taxer certains comportements ou taxer des énergies fossiles car elles sont polluantes, mais il faut une stratégie derrière".

583€ à Verviers, 374€ à Mouscron: ce sont les prix - très différents - payés pour une consommation moyenne (3500 KWH). C'est une écart important que l'on trouve dans notre pays. Dans un pays comme la France, ces moyennes sont harmonisées. C'est le cas de la Flandre aussi. Selon le ministre Crucke, ces montants pourraient être harmonisés si on fusionnait Ores et Resa. A Liège, certains s'y sont opposés, pensant qu'ils y gagneraient en restant séparés. Mais en fusionnant ils pourraient réduire un certain nombre de coûts. En Flandre, cela a représenté 100 millions d'euros d'économie.

"Un auditeur viendra chez vous et hiérarchisera les priorités énergétiques pour vous et bien évidemment pour le budget et le climat". Sur cette déclaration, Jean-Luc Crucke fait le pari que la réforme permettra d'utiliser le budget à bon escient et à raison.

"Il y a un problème de confiance", commence Jean-Philippe Ducart, de Test Achats. "Beaucoup de gens ignorent totalement vers où on les emmène". Ils n'osent donc pas investir dans le renouvelable, explique-t-il. "La dernière mesure annoncée par monsieur Crucke (sur le photovoltaïque), elle a un effet rebond, on se demande à nouveau ce qui se passe dans le domaine du photovoltaïque, on n'a pas rendu confiance aux gens avec ce type de mesure". Il pointe du doigts une stratégie globale.

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