En Wallonie et a Bruxelles, les CPAS peinent de plus en plus à remplir leur mission

En Wallonie et a Bruxelles, les CPAS peinent de plus en plus à remplir leur mission
En Wallonie et a Bruxelles, les CPAS peinent de plus en plus à remplir leur mission - © CHRISTOPHE KETELS - BELGAIMAGE

C’est un cri d’alarme qui a déjà été poussé sans pour autant que la situation s’améliore. Elle empire même. Au fil du temps, les CPAS (Centre Public d’Action Sociale) ont vu leur mission gonfler, tout comme le nombre de bénéficiaires, sans que les moyens ne suivent vraiment.

Le constat est le même en Wallonie et à Bruxelles. Auditionné au Parlement wallon, le directeur général de la Fédération des CPAS wallons, Alain Vaessen indiquait récemment que plus de 100 CPAS wallons sont en déficit. Pour expliquer cela, il avance des chiffres édifiants. En 10 ans, le nombre de personne touchant le revenu intégration a augmenté de 50%.

Le nombre d’étudiants aidés explose

Autre constat inquiétant, le profil des bénéficiaires se diversifie, avec une forte augmentation du nombre d’étudiants aidés. Ils sont passés de 6000 à 15.000 en 10 ans en Wallonie. A Bruxelles, les chiffres inquiètent tout autant. Rien qu’à la ville de Bruxelles, 1800 jeunes de moins de 25 ans sont aidés financièrement.

C’est le cas de Walid. Il termine ses études de droit et touche un revenu d’intégration qui lui permet d’avoir environ 850 euros par mois. Une aide indispensable : "Je n’ai pas la chance de pouvoir me reposer sur mes parents. La seule possibilité pour moi, c’est l’aide du CPAS. Ça aurait été compliqué de faire sans. Comme je ne vis plus chez mes parents, je dois subvenir à mes besoins, notamment payer un loyer, la nourriture. Sans ça, j’aurais dû cumuler plusieurs jobs et avec le master que je fais, ça aurait été compliqué."

C’est un droit pas une faveur

Si Walid est conscient que c’est en partie grâce à cette aide qu’il va bientôt terminer ses études de droit, pour lui, pas question de parler de faveur : "C’est un droit pas une faveur. Le système permet de réduire les écarts quand on est dans une famille plus modeste. Ça compense les inégalités qu’on vit depuis la naissance. C’est temporaire, mais pour l’instant c’est une bonne solution."

Si Walid vit seul, à Bruxelles ce n’est pas le cas de la majorité des étudiants qui touchent le CPASs, comme l’explique Karine Lalieux, la présidente du CPAS de la ville de Bruxelles : "Chez nous, souvent ils vivent dans leur famille mais cette famille est incapable de leur payer des études, de subvenir aux besoins d’un jeune de 18 à 25 ans. Ils ont besoin de ce soutien sinon le jeune va devoir travailler toute l’année, et s’il travaille toute l’année, il ne va pas se consacrer à ses études et l’échec est au bout du chemin."

Plus les moyens de remplir correctement leur mission.

Selon Alain Vaessen, de la fédération des CPAS wallons, plus de 100 CPAS wallons sont donc aujourd’hui en déficit. Le nombre de revenus d’intégrations versés par la CPAS augmente sans que les moyens suivent. Car le problème est amplifié par le fait que le fédéral ne couvre pas l’ensemble de la somme versée par les CPAS. L’intervention du fédéral varie entre 55 et 70%, cela veut dire qu’il reste 30% des montants à financer. Les communes et régions mettent la main à la poche, mais ça ne suffit pas.

Pour Karine Lalieux (PS), du CPAS de Bruxelles, le risque est réel de voir les CPAS moins bien remplir leurs missions : "Pour compenser l’augmentation des coûts, ça veut dire qu’on rogne sur le personnel, sur les aides supplémentaires qu’on peut offrir et qu’on lutte donc mois bien contre la pauvreté. Ce que l’on demande au fédéral et aux régions c’est d’avoir un vrai plan de lutte contre la pauvreté et de refinancer les CPAS, les aides complémentaires et le revenu d’intégration."

Un appel à l’aide partagé par la fédération des CPAS wallons, qui réclame elle aussi une intervention urgente du fédéral.

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