La proportion de conducteurs seniors tués sur la route ne cesse d'augmenter

Depuis dix ans, la proportion de seniors tués sur la route n’a cessé d’augmenter. Une personne tuée sur six était un senior en 2008. C’est une personne sur quatre aujourd’hui. Ces chiffres sont tirés d’une récente étude de VIAS, l’institut en charge de la sécurité routière et rendu public pour la journée des seniors. D’ici 2050, la part des seniors dans la population aura doublé et cela a déjà des répercussions en terme de mobilité.  

Piétons et cyclistes ne sont pas épargnés

Si vous êtes seniors, piétons ou cyclistes, le risque de mourir sur la route est deux fois plus élevé. 60% des seniors tués sur les routes sont des piétons ou des cyclistes, principalement parce que c'est leur principal moyen de déplacement. Les autres sont des passagers ou conducteurs d’un véhicule. 

Les carrefours restent les endroits les plus dangereux. Pour Benoit Godart, porte parole de VIAS, cela s'explique aisément: "Ce sont surtout les carrefours avec des signaux de priorité qui posent plus de problèmes aux seniors : il faut être attentif à plusieurs usagers en même temps, bien estimer leur vitesse et réagir rapidement. De telles aptitudes ont parfois décliné et rendent ces situations potentiellement difficiles pour eux. Le fait de tourner à gauche pose un problème tout particulier, par exemple".  

Pas de formule uniformisée pour réduire les risques 

Le processus de vieillissement varie d’une personne à l’autre. Difficile dès lors d’imposer des mesures linéaires. En matière de conduite automobile, le CARA, le centre d’évaluation de l’aptitude à la conduite, dispose d’une palette de mesures adaptées aux différentes situations. Les automobilistes y arrivent envoyés par leur médecin traitant ou viennent d'initiative.

Daniel Speltzer est l'un d'eux, âgé de 76 ans, il est atteint de polyomélite depuis son enfance, et a vu sa maladie évoluer : " J’ai perdu de la force dans ma jambe gauche. Il fallait pour être sage et prudent trouver une meilleure solution en matière de freinage et je suis venu au Cara pour me faire conseiller et la conclusion a été que j’ai fait installer une manette de frein située en dessous du volant et qui est d’une terrible efficacité". Cette formule a permis d’éviter de restreindre l'autonomie du conducteur. 

Le médecin traitant est en première ligne pour détecter les situations à risque 

A partir d’un certain âge et en cas de déficience constatée, les médecins de famille ont intérêt à diriger leurs patients vers le Cara, le centre d’évaluation de l’aptitude à la conduite. Si des mesures contraignantes peuvent être imposées, le centre dispose d'une palette de mesures concertées pour réduire les risques d’accident sans compromettre la mobilité des usagers. 

 

Archive : JT 03/04/2018

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