En l'état, il faut fermer la prison de Forest: les conditions sont moyenâgeuses

Le président de la commission de surveillance de la prison de Forest, Denis Bosquet, appelle à sa fermeture : "Faute de nous proposer des solutions convenables, je ne vois pas très bien ce qu'on pourrait faire d'autre".

Appuyé par sa consœur Delphine Paci, présidente de la section belge de l'observatoire international des prisons, l'avocat qualifie une nouvelle fois les conditions de travail et de vie à Forest de moyenâgeuses.

"Elles le sont aux plans de l'hygiène, de la sécurité, de la salubrité. Il y a des rats, des souris, des détenus ont la gale, quelques-uns vivent sur neuf mètres carrés avec un seau pour trois personnes, en y restant 23 heures sur 24. C'est intolérable !"

Dans un passé récent, plusieurs instances nationales et internationales ont dénoncé la situation, "il n'y a pas pire en Belgique, sauf, probablement, à Anvers".

Malgré les observations et les rapports de la convention européenne des droits de l'Homme, du comité contre la torture et les traitements inhumains et dégradants, des médiateurs fédéraux, des pompiers, de l'inspection sociale, Forest reste en l'état.

"Une cheminée a dû être sanglée pour ne pas s'écrouler. Cette prison ne répond plus aux normes de dignité humaine et de sécurité."

Solidaires des grévistes

Dans leur rôle de surveillance des conditions de détention, Denis Bosquet et Delphine Paci s'arrêtent à l'aile psychiatrique, "un véritable mouroir. La moitié des 80 détenus, dont celui qui s'est attaqué à l'arme blanche à plusieurs infirmières d'un centre, devrait se retrouver dans des institutions spécialisées".

Les deux avocats louent le travail de la direction de la prison : "À la grève d'octobre dernier, la direction a tout mis en œuvre pour permettre aux détenus de prendre leur douche. Jeudi dernier, c'était pour acheminer le colis de la cantine".

Dans ces conditions générales, aussi éprouvantes pour le personnel administratif et les agents, les deux instances de surveillance sont solidaires des grévistes. "On ne peut imaginer la perte, sur cinq ans, de 10% des agents pénitentiaires, comme l'impose le gouvernement fédéral."

"De la non-assistance à personnes en danger"

Fermer Forest, sans attendre l'ouverture de Haren, pas avant 2020... À ces 380 détenus s'ajouteraient alors, avant la fin de l'année, les six cents prisonniers qui quitteraient le centre néerlandais de Tilburg, fin de la convention belgo-hollandaise pour la location de cellules.

"Oui, ça risque de créer de la surpopulation dans les autres établissements, mais la surpopulation à Forest aujourd'hui, pour le personnel, pour les détenus, dans une situation pareille d'insécurité et d'insalubrité, cela s'apparente à de la non-assistance à personnes en danger."

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