En Islande, une personne sur deux testée positive au Covid-19 est asymptomatique et en Belgique?

En Islande, une personne sur deux testée positive au Covid-19 est asymptomatique et en Belgique?
En Islande, une personne sur deux testée positive au Covid-19 est asymptomatique et en Belgique? - © Tous droits réservés

L’Islande est un petit pays d’environ 364 000 habitants doté d’un système de santé solide et d’un système social de soutien. Alors que la plupart des pays touchés testent seulement ceux qui présentent des symptômes graves, l’Islande veut tester tout le monde dans le pays pour le nouveau coronavirus.
Elle peut se permettre de le faire, en partie, grâce à sa population relativement faible, mais aussi grâce à son système médical bien organisé et bien financé. L’Islande a actuellement effectué 10 000 tests. C’est beaucoup moins que ce que d’autres pays ont fait, mais en fonction du nombre d’habitants, l’Islande se classe au premier rang mondial.  Ils n’ont pas encore reçu tous les résultats, mais déjà, ce que ces résultats révèlent, c’est que la moitié des cas testés positifs au Covid-19 sont asymptomatiques.

Et en Belgique?

En Belgique, selon Marius Gilbert, épidémiologiste de l’ULB(Université Libre de Bruxelles), les données à notre disposition nous permettent de dire qu’environ 5% à 10%  de la population a déjà été contaminée (qu’elles aient ou non présenté des symptômes).

" Notre capacité de diagnostic nous a coincé. Mais avec une capacité de diagnostic limitée, nous avons déjà de bonnes valeurs grâce au nombre d’hospitalisations. Ensuite, combien de personnes sont immunisées en Belgique ? Pour le savoir nous devrons réaliser des tests sérologiques. Avec quelques milliers de personnes testées nous aurions une idée précise du taux d’immunité de la population belge. Une information importante pour sortir du confinement. "

 L’Organisation mondiale de la Santé exhorte également les pays à accroître autant que possible leur capacité de dépistage.
" Vous ne pouvez pas combattre le feu les yeux bandés, et nous ne pouvons pas arrêter cette pandémie si nous ne savons pas qui est infecté ", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus cette semaine. " Nous avons un message simple pour tous les pays : Test, test, test. Testez tous les cas suspects. "

Plus de tests en Belgique à l'avenir

A cette exhortation, l’épidémiologiste Marius Gilbert répond plus modestement qu’en Belgique, il faut que le chiffre des personnes contaminées diminue et que la capacité de tests augmente. On ne peut basculer sur une stratégie de tests qu’à partir du moment où la capacité de diagnostic est largement supérieure au nombre de personnes infectées.

Lorsque les personnes infectées et testées positives et leurs familles seront isolées, alors ensuite, il faudra faire aussi des tests sérologiques en grande quantité de manière à identifier les personnes immunisées qui pourront retourner les premières dans la vie active et sur le terrain.

Marius Gilbert estime que cette étude islandaise est encourageante : " elle nous éclaire surtout sur le fait qu’une bonne partie de la population a déjà fait l’infection. Par ailleurs, si nous tenons compte de ces 50% de population invisible et asymptomatiques et que nous les ajoutons au nombre de cas confirmés, le taux de décès passe à 1000 décès/500.000. On serait à 0,5 % de taux de décès. Le taux de mortalité due au Covid-19 serait plus faible que celui imaginé au départ.

 

Le chercheur conclut qu’au fur et à mesure que les autorités augmentent leur capacité de dépistage et que les chercheurs travaillent sur les traitements, il est important que nous jouions notre rôle et que nous empêchions la propagation de la maladie. Pour chacun d’entre nous, il y a une leçon importante à appliquer : nous devrions tous agir comme si nous avions le COVID-19. Vous n’avez peut-être qu’une gorge aigre ou une légère toux, vous n’avez peut-être aucun symptôme - vous pouvez toujours être porteur de la maladie.
 

 

 

 

 

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