Gilets jaunes en France: échauffourées et jets de pavé

Des échauffourées ont éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants rassemblés à proximité de l'avenue des Champs-Elysées, épicentre de la mobilisation depuis le 17 novembre. Les forces de l'ordre, encerclées, sifflées et caillassées ont répliqué par des tirs de balles de défense et de grenades lacrymogènes pour repousser les manifestants.

Des bouteilles et des pavés ont été jetés sur des policiers, mais la situation restait contenue, bien loin des violents heurts observés lors des deux week-ends précédents dans ce même secteur. Environ 500 "gilets jaunes" ont investi l'avenue des Champs-Elysées, quadrillée par un important dispositif de sécurité.

Plusieurs gilets jaunes interrogés par l'équipe RTBF sur place regrettent l'utilisation de gaz lacrymogène mais affirment qu'ils continueront le mouvement.

 

Mobilisation en baisse

Cette nouvelle journée de mobilisation a été marquée par une mobilisation en baisse et des manifestations moins violentes que la semaine dernière. Les autorités ont recensé 33.500 manifestants dans toute la France en début d'après-midi, soit moitié moins que la semaine dernière. "Moins de 3.000 manifestants" étaient recensés à Paris samedi vers 14H00 pour le 5è samedi consécutif de mobilisation des "gilets jaunes", selon un décompte de la préfecture de police, qui comptabilisait en début d'après-midi 95 interpellations dont 63 gardes à vue, loin des 598 interpellations et 475 gardes à vue annoncées la semaine dernière peu après 14H00. "C'est une mobilisation plus faible et donc une mobilisation des casseurs plus faibles", a déclaré la porte-parole de la Préfecture de Police, Johanna Primevert sur BFMTV, ajoutant que les "policiers restent mobilisés".

 

Des gilets divisés

Si les modérés, représentés par le collectif des "gilets jaunes libres" ont appelé à une "trêve" et estimé que "le temps du dialogue est venu", d'autres ont affiché leur détermination à redescendre dans la rue pour obtenir de nouvelles avancées sociales et économiques. "C'est le moment où, justement, il ne faut pas lâcher", a exhorté dans une vidéo Eric Drouet, l'un des initiateurs du mouvement.

Appel au calme

Emmanuel Macron, vilipendé dans les manifestations, avait lancé vendredi un appel à un retour au "calme", à "l'ordre" et à "un fonctionnement normal" du pays.

Déterminé à ce que ce mouvement ne sonne pas le glas de son ambition programme de réformes, largement contesté, le président a fait une série de concessions aux "gilets jaunes", dont la plus emblématique porte sur une hausse de 100 euros des aides sociales versées à ceux qui touchent le salaire minimum, ont été diversement reçues par le mouvement, qui réclame moins de taxes et plus de pouvoir d'achat.

"100 euros de plus, c'est du flan, ça ne concerne qu'une minorité de personnes", a regretté samedi Ludovic, 40 ans, conditionneur cariste venu manifester à Paris.

Après l'attentat djihadiste de Strasbourg mardi qui a fait quatre morts, les appel à ne pas manifester, notamment au sein de la majorité et du gouvernement, ont aussi été rejetés par une partie des "gilets jaunes", n'y voyant aucun rapport.

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