En France, des centaines de Belges enterrés dans un cimetière oublié de tous

Neuville-sous-Montreuil dans le Pas-de-Calais : sa chartreuse Notre-Dame-des-Prés fondée en 1325, ses champs à perte de vue… Et son cimetière ignoré de tous. Pendant la Première Guerre mondiale, des centaines de Belges qui fuyaient les combats ont trouvé refuge dans la région. Tous ne reviendront pas. Entre 1915 et 1919, près de 600 civils ont été enterrés dans le "cimetière des Belges" de cette commune rurale située à une quinzaine de kilomètres du Touquet.

Dans les années cinquante, les croix qui peuplaient cet endroit ont été recouvertes de tonnes de terre. Aujourd’hui, des vaches y broutent l’herbe paisiblement. Il faudra attendre 2014 pour qu’une Française, Annick Lefranc, redécouvre ce cimetière et contacte les autorités belges. Selon les archives, des hommes, des femmes et des enfants sont enterrés là. Ils sont décédés sur la route de l’exode, pour la plupart des suites de la grippe espagnole qui a fait des ravages au lendemain de la Grande Guerre.

Ce n’est pas le seul cimetière datant de la Première Guerre mondiale implanté dans la région. Mais la plupart sont bien indiqués. Comme le rapporte Het Laatste Nieuws, la commune abrite un "cimetière indien" où reposent les corps d’une vingtaine de soldats indiens décédés dans les combats entre décembre 1914 et mars 1916. Et les Belges ?

Bientôt une plaque commémorative ?

En 2014, le magazine Le Vif rapportait que le maire de Neuville avait entamé des démarches auprès du propriétaire du terrain pour qu’un monument puisse être érigé à proximité. Cinq ans plus tard, le projet est dans une impasse. "Nous voudrions bien mettre une plaque ou une pierre commémorative dans le cimetière. Mais ce n’est pas possible. Le propriétaire du terrain ne veut pas et nous n’avons aucune base légale sur laquelle nous appuyer", déclare Daniel Bourdelle, maire de Neuville cité par Het Laatste Nieuws.

Nos confrères ont pris contact avec le propriétaire du terrain. "C’est compliqué", avance celui-ci affirmant qu’il y a eu "des problèmes dans le passé".

Et les autorités belges dans tout ça ? Elles n’ont jamais manifesté l’intention d’acheter le terrain ou d’y consacrer une quelconque attention. Contrairement par exemple à la Commonwealth War Graves Commission. Cette autorité administrative indépendante est très attentive à l’entretien des sépultures de soldats partout dans le monde. Y compris dans cette région qui a vu des milliers de soldats tomber au combat.

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