En février, les éoliennes belges ont tourné à plein régime: merci Ciara et Dennis ?

Le vent souffle beaucoup ces dernières semaines en Belgique et dans le reste de l’Europe… Les tempêtes et les dépressions – Ciara, Ines, Dennis, Francis ou Ellen – se sont en effet succédé et ont causé de nombreux dégâts : arbres déracinés, toits envolés, voitures endommagées et autres désagréments.

Pourtant, les conséquences de ces conditions climatiques ne sont pas toutes négatives ! En effet, même si de trop fortes tempêtes bloquent automatiquement certains types d’éoliennes, d’autres ont au contraire tourné à plein régime ces dernières semaines. Plus d’énergie verte produite, donc.

"Avec les deux dernières tempêtes [Ciara et Dennis], les nouveaux modèles d’éoliennes ne se sont pas arrêtés. La production du parc éolien belge a ainsi été excellente en ce mois de février, explique Fawaz Al Bitar, directeur général d’Edora, la Fédération francophone des entreprises du secteur des énergies renouvelables. Dans plusieurs parcs éoliens de notre territoire, nous avions déjà atteint à la mi-février la production équivalente à la moyenne obtenue au terme d’un mois de février normal."

Différents types d’éoliennes

L’éolienne, c’est cette machine constituée d’un mât et de 2 ou 3 pales. Concrètement : le vent fait tourner les pales qui font ensuite elles-mêmes tourner le générateur de l’éolienne. L’énergie cinétique du vent est ainsi transformée en énergie mécanique qui peut être ensuite injectée sur le réseau électrique ou être consommée localement.

On distingue principalement deux types d’éoliennes : les éoliennes de terre et de mer (appelées offshore). Ces dernières sont de plus grande taille et ont un rendement plus important. "Elles fonctionnent plus, parce que la qualité du vent est meilleure et sa force est beaucoup plus importante en mer. Toutefois, en cas de grosses tempêtes, ces éoliennes sont plus sensibles à des arrêts momentanés à cause des fortes rafales."

On compte en Belgique plus de 1300 éoliennes – terrestres et maritimes. Et le territoire n’est pas encore rempli ! "Nous pouvons très certainement doubler ce nombre."

L’énergie éolienne en Belgique

La Belgique est un mauvais élève en Europe sur la question éolienne. "La moyenne européenne se situe aux alentours de 15% de production électrique provenant de l’énergie éolienne. Nous faisons donc pâle figure avec nos 10-11%." Comment expliquer ce retard ? Selon Fawaz Al Bitar, c’est tout simplement parce que la Belgique n’a pas cru assez tôt dans l’énergie éolienne. "Notre pays a raté le train de développement de l’énergie éolienne à la fin des années 80."


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Toutefois, la conscientisation a bien eu lieu depuis : l’énergie éolienne est en plein développement, en particulier les éoliennes off-shore. "Nous pourrions atteindre 30% d’ici 2030." A noter qu’au niveau européen, l’objectif est d’arriver à 50% pour 2050. "Ce chiffre paraît trop ambitieux pour la Belgique, notamment à cause de la densité de la population."

La lasagne institutionnelle n’aide pas…

Edora plaide aujourd’hui pour la levée de certaines contraintes au développement des éoliennes sur le territoire belge. Or ces contraintes demandent des concertations entre le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux. "Par exemple les zones d’entraînement militaire sont de compétence fédérale, alors que le développement éolien sur terre est une compétence régionale. Si on veut libérer certaines zones militaires actuellement interdites à l’installation d’éoliennes, les différents gouvernements doivent trouver un accord, un équilibre entre les enjeux énergétiques et sécuritaires…"

Autre exemple pour illustrer cette complexité institutionnelle : l’installation des éoliennes sur mer dépend du fédéral, alors que les éoliennes sur terre sont gérées par les gouvernements régionaux (flamands ou wallons).


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Fawaz Al Bitar pointe également un autre enjeu important : pouvoir adapter les critères d’installation des éoliennes sur notre territoire et ainsi profiter des meilleures technologies. "On se rend par exemple compte que la région wallonne installe des éoliennes de plus petite taille par rapport à la moyenne européenne. Or plus l’éolienne est haute, plus la production est importante…"

Les Belges sont favorables aux éoliennes

On peut entendre parfois dans les médias ou sur les réseaux sociaux des habitants hostiles aux éoliennes, se plaignant de nuisances sonores ou de dangers pour la biodiversité. Pour Fawaz Al Bitar, ils ne constituent en aucun cas une norme. "Quand on réalise des sondages à proximité des parcs éoliens, seuls 5% y sont opposés. Plus de 80% estiment également que le parc n’engendre pas de nuisance."

Quant aux risques sur la biodiversité, le directeur met en avant l’évolution de la technologie éolienne ces dernières années. "Si on prend le cas des chauves-souris, un système d’arrêt automatique de la machine se met désormais en marche sur certains modèles dès qu’une chauve-souris vole à hauteur des pales."

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