En Espagne, des cours de "tâches ménagères" obligatoires pour les garçons: "Quoi de mieux que la pratique?"

Les hommes sont-ils moins enclins à mettre la main à la pâte lorsqu’il s’agit de tâches ménagères ? C’est sans doute ce que pense la direction du collège privé de Montecastelo, à Vigo, dans l’extrême ouest du pays. Cette institution a décidé d’intégrer des cours de « tâches ménagères » dans son programme. Ces leçons sont obligatoires pour les garçons. L’objectif : combler l’inégalité qui existe dans la répartition des tâches dans les foyers espagnols.

En Belgique, l’égalité entre hommes et femmes dans les petites corvées à effectuer chez soi est loin d’être atteinte. Malgré tout, les hommes semblent de plus en plus nombreux à s’investir dans le ménage. Le manque d’investissement des hommes dans les tâches ménagères aurait même diminué de moitié en dix ans. Pourtant, « l’égalité homme-femme, on n’y est pas dans la famille », pointait la Ligue des familles fin 2018. Mais cette réalité semble d’autant plus marquée dans les pays du sud de l’Europe. En Espagne, par exemple, certaines écoles prennent des mesures concrètes pour endiguer le problème.

« Aptitudes domestiques » au programme

Et si le manque d’investissements des hommes espagnols dans les tâches ménagères était dû à un manque de savoir-faire en la matière ? C’est sans doute avec cette question en tête que le collège Montecastelo a mis en place des cours « d’aptitudes domestiques ». Au programme : cuisine, lessive, repassage ou encore couture, de quoi faire des jeunes garçons qui fréquentent l’établissement de véritables fées du logis.

Au total, les garçons passent une heure par semaine à apprendre comment mieux gérer les tâches du quotidien à la maison. Pour dispenser la leçon, c’est le professeur d’économie qui s’y colle, convaincu que toutes ces petites corvées ne sont pas dédiées aux femmes mais sont mixtes.

La théorie ne fonctionnait pas

Pourquoi ne pas simplement dispenser un cours théorique aux élèves ? « On a constaté que les conférences théoriques ne marchaient pas », a répondu José Rodriguez, directeur de l’établissement au micro de TF1. Pourtant, il estime qu’en tant qu’homme, « il faut mettre un coup d’accélérateur ». « Alors, quoi de mieux que la pratique ? », conclut-il.

Les élèves, au départ réfractaires et peu enclins à participer se sont vite rendu compte que toutes les astuces qu’ils apprenaient dans ce cours peuvent les aider dans leur quotidien. Si le collège privé de Montecastelo fait encore office de précurseur, d’autres instituts espagnols disent déjà avoir pour ambition de prendre le pli. Reste à savoir si un réel impact sera mesurable dans les foyers une fois que ces jeunes seront sortis de l’école.

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