En Australie, les incendies forment des nuages… qui aggravent les incendies

Au-dessus des incendies en Australie, de nouveaux nuages se forment : les pyrocumulus. Ils sont une conséquence de ces incendies et en même temps les aggravent. Une sorte de cercle vicieux

Comme un nuage cumulus habituel que nous connaissons chez nous aussi, le pyrocumulus se forme au-dessus d’une source de chaleur. "En temps normal, c’est le soleil qui chauffe le sol, rappelle Sébastien Doutreloup, climatologue à l’ULiège. L’air chaud s’élève, emporte avec lui l’humidité, elle se condense et forme un nuage classique. Dans le cas d’un pyrocumulus, ce n’est pas le soleil qui chauffe le sol, c’est le feu. La bulle d’air chaud réchauffe l’atmosphère et de la même manière, avec les fumées, emporte l’humidité et créer un nuage". Typiquement ce genre de nuages se forment au-dessus de feux de forêt, d’éruption volcanique ou parfois de grosses cheminées d’usines.

Cercle vicieux

Ces pyrocumulus peuvent ensuite évoluer en nuage d’orage (qu’on appelle pyrocumulonimbus) et générer de la pluie, des éclairs et des rafales de vent en fonction des conditions météorologiques par ailleurs. S’il se met à tomber de la pluie, c’est plutôt favorable à la lutte contre l’incendie "mais elle est souvent hyper localisée et donc pas très efficace précise Sébastien Doutreloup. En réalité, ces nuages vont plutôt favoriser les incendies en ce sens que les rafales de vent vont attiser les flammes et la foudre en tombant au sol peuvent déclencher de nouveaux incendies. Il fait très chaud et très sec dans ces zones d’Australie, le moindre éclair au sol relance un feu. Dans l’ensemble, ces nuages vont donc plutôt favoriser les incendies que les atténuer".

Pas les mêmes conséquences chez nous

Potentiellement ces nuages pourraient donc se former partout, y compris chez nous. Ils n’auraient néanmoins sans doute pas les mêmes conséquences : "Les incendies dans les Hautes Fagnes par exemple sont beaucoup moins puissants précise le météorologue de l’ULiège. Et puis la grosse différence avec l’Australie, c’est que là-bas, il fait très sec et chaud. En Belgique on est dans des régions plus humides, un éclair au sol n’aurait pas le même effet".

Formation d'un Pyrocumulonimbus au dessus de Sutton Forest (sud de Sydney):

Crédits: Christopher Mortimer / Aida Morrison

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