Une Bruxelloise décompose les mégots en seulement deux mois au lieu de vingt ans

Interpellée par la pollution que génèrent les mégots de cigarette, une jeune habitante de Bruxelles a mis au point un ingénieux système, une sorte de cendrier qui détruit les mégots grâce à des champignons. Elle a d’ailleurs créé une start-up pour développer son innovation.

Dans l’appartement bruxellois d’Audrey Speyer, la décoration est plutôt étonnante. "Nous avons ici un cendrier qui décompose les mégots de cigarettes, dit l’entrepreneuse en prenant une forme qui ressemble à s’y méprendre à un gâteau. Vous y voyez cette matière blanche. C’est le mycélium."

Le mycélium est un réseau de filaments qui pousse sous le champignon. Il permet de décomposer 200 mégots de cigarettes dans un seul de ces gros cendriers. "Les mégots sont digérés par la culture de champignons. On peut même le voir d’un peu plus près, explique Audrey une loupe à la main. On en voit un ici et un autre plus blanc, de l’autre côté. Il a été recouvert par le mycélium."

L’idée d’utiliser le mycélium du champignon est née il y a trois ans alors qu’Audrey Speyer, designeuse de base, étudiait les matériaux innovants à Londres. On peut le constater dans la nature, les champignons dégradent le bois et en particulier sa cellulose, un composant également présent dans les mégots de cigarettes.

Pour arriver à ce résultat, Audrey Speyer mélange 200 mégots avec du mycélium. "Il va se développer, grandir sur les mégots et les dépolluer", détaille la conceptrice. D’abord visibles, les mégots s’effacent petit à petit, dégradés sous l’action du mycélium. Au bout du compte il ne reste que le substrat de paille et de copeaux. "Ça met entre deux semaines et deux mois pour que le mégot soit décomposé par la culture dans le cendrier." Un mégot dans la nature peut par contre mettre jusqu’à 20 ans pour disparaître. Pendant tout ce temps, il va répandre ses polluants dans le sol.

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