Elke Van den Brandt, ministre bruxelloise de la Mobilité : "Ce qui est radical, c’est de ne rien faire"

Depuis son arrivée au poste de ministre de la Mobilité à Bruxelles, Elke Van den Brandt divise. Elle et le gouvernement bruxellois ont créé de nouvelles pistes cyclables durant le confinement qui ont suscité de vifs débats. À tel point que, récemment sur une page Facebook, elle était menacée de mort.

La ministre a décidé de déposer plainte pour dénoncer ce type de harcèlement sur les réseaux sociaux. Certains des opposants politiques de la ministre affirment qu’elle mène une politique radicale pour une mobilité plus "verte".

Bruxelles zone 30

Signe d’une politique active de mobilité, dès le 1er janvier prochain, la Région bruxelloise passera en zone 30. Les autorités de la capitale détailleront leur plan ce mercredi. La ministre a dévoilé quelques détails de ce plan à Thomas Gadisseux dans Matin Première: "Ce sera 30 km à l’heure partout sauf si c’est indiqué autrement. Certains axes importants resteront à 50 voire 70 ou 90 km/h, tout cela sera bien indiqué avec des panneaux de signalisation. Il y aura aussi un toute boîte distribué chez tous les Bruxellois. Dans les quartiers où les gens habitent, on roule moins vite et c’est très important pour la sécurité routière car on sait que quand il y a un accident avec une voiture qui roule à 50 km/h, il y a 3 fois plus de morts parmi les piétons que si le véhicule roule à 30 à l’heure. On veut sauver des vies mais ça va augmenter aussi la qualité de l’air et il y aura aussi moins de bruit. Quand on roule à 30 km/h, il y a deux fois moins de bruit. On sait que des gens vont perdre une ou deux minutes sur leur trajet mais on les remercie de respecter les règles car ça va vraiment changer les choses".

Informer avant de sanctionner

Pour faire respecter les 30 km/h la région compte installer plus de radars : "D’abord on organise une grande campagne de communication pour expliquer les raisons qui nous poussent à agir de la sorte, nous voulons sauver des vies. On veut travailler à une ville avec zéro victime d’accident de la route pour 2030, il faut donc respecter les règles mais on veut surtout d’abord expliquer aux gens ces mesures. Il y aura 60 radars en plus mais le but n’est pas d’avoir plus d’argent. Le but c’est d’avoir moins de morts. On va surtout aller chercher les chauffards".


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Une fiscalité modifiée

Autre projet qui fait polémique, la semaine dernière, le gouvernement bruxellois a annoncé son projet de taxation kilométrique intelligente. De quoi faire bondir les autres régions du pays. La ministre rappelle que rien n’est coulé dans le marbre : "On va commencer les concertations, ce n’est pas un projet à prendre ou à laisser. Le but c’est de réduire les embouteillages qui nous stressent et font perdre entre 4 et 8 milliards d’euros en Belgique. Actuellement tous les Belges paient le même forfait fiscal pour la mobilité, on pense que c’est plus logique de changer ce système par un système adapté à chaque Région".

"Ce qui est radical c’est de ne rien faire"

Quant à ceux qui accusent Elke Van den Brandt d’être de ne pas bien se concerter avec les autres Régions, elle répond : "Je pense qu’on peut tous être d’accord sur le fait qu’on veut réduire les embouteillages. Si on ne change pas la politique dans ce domaine, rien ne changera et c’est pour cela que nous avons fait une proposition car on sait qu’avec cette mesure on va diminuer de 30% les embouteillages. On va donc commencer à en discuter avec les autres Régions et ça commence lors du Comité de concertation du 18 décembreIl fallait proposer quelque chose. C’est une proposition, il n’y a rien de fixé. Si on ne met rien sur la table ce n’est pas possible de se concerter. La méthode on peut en discuter. Ce qui est radical, c’est de ne rien faire pour changer la mobilité à Bruxelles".

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