Egypte: Une "archéologue spatiale" découvre 17 pyramides perdues

Illustration - Le site de Saqqara a été le théâtre de découvertes extraordinaires par l'équipe de Sarah Parcak
Illustration - Le site de Saqqara a été le théâtre de découvertes extraordinaires par l'équipe de Sarah Parcak - © Archive Flick'r - David Berkowitz

Le Dr Sarah Parcak, de l’université d’Alabama (Etats-Unis) est "archéologue de l'espace", spécialisée en égyptologie. De nouvelles technologies lui ont permis de découvrir 17 pyramides perdues et de révolutionner sa discipline. De quoi faire passer Indiana Jones pour un "has been".

"Excaver une pyramide est le rêve de tout archéologue", explique Sarah Parcak à la BBC. En suivant cette théorie à la lettre, on peut écrire que l’égyptologue va réaliser son rêve… 17 fois.

En effet, ses recherches ont bel et bien permis de révéler 17 pyramides jusqu’ici inconnues, à Saqqara. Plus de 1000 tombes et 3000 bâtiments ont également été découverts par son équipe sur ce site moins connu mais plus ancien que le célèbre site de Gizeh. 

Indiana Jones définitivement ringardisé

Pour définitivement ringardiser le héros de Spielberg, précisons que Sarah Parcack est ce que la BBC qualifie d’ "archéologue de l'espace" (space archeologist). En effet, l’équipe menée par l’Américaine utilise des images de satellites, en orbite à 700 km de la surface terrestre, équipés de caméras de haute précision, capables de distinguer, au sol, des objets de moins d’un mètre de diamètre.

L’imagerie infrarouge ayant, elle, permis de différencier les différents matériaux présents sous la surface.

"Indiana Jones est de la vieille école, nous sommes passé à autre chose, désolée Harrison Ford", ironise Sarah Parcak.

En effet, les maisons de l’Egypte ancienne sont construites en briques d’argile, un matériau beaucoup plus dense que le sol qui l’entoure. De telle manière que la forme des maisons, temples et tombeaux peut être distinguée via les images infrarouges issues des satellites.

Cette nouvelle technologie a repoussé les limites de l’archéologie de papa. Cet outil "nous donne une bien plus large perspective sur les sites archéologiques", explique le Dr Parcak. Car dans l’archéologie "classique", lorsque vous devez "faire face à un site massif, vous ne savez pas par où commencer", poursuit-elle sur le site d’information britannique.

Les autorités égyptiennes pas intéressées initialement

Dans un documentaire qui sera diffusé par la BBC lundi 30 mai, intitulé les "Cités perdues d’Egypte", on suit l’expédition de Sarah Parcak dans le pays des Pharaons.

Si les autorités égyptiennes n’étaient au départ pas convaincues par les recherches de l’archéologue spatiale, les excavations à Tanis ont été un déclic décisif.

"Une maison vieille de 3000 ans que l’imagerie satellite avait révélée a été exhumée et les contours de la structure correspondaient presque parfaitement aux images du satellite. Ce fut une véritable validation de la technologie", explique la cheffe du projet.

Une technologie qui ouvre de nouvelles perspectives puisque les sites dont il est ici question, ne sont "que des sites proches de la surface. Il y a des milliers d’autres sites qui ont été couverts par le limon du Nil. Ce n’est que le début de ce genre de travaux", s'enthousiasme la chercheuse américaine.

Julien Vlassenbroek avec BBC

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