Egalité hommes-femmes: encore beaucoup de travail?

Le Conseil fédéral de l'Égalité des chances entre hommes et femmes, l'organe consultatif chargé de conseiller l'État fédéral sur toutes les questions de genre, se réunit aujourd'hui en compagnie de ses homologues wallon et bruxellois, pour adresser ses recommandations aux pouvoirs publics.

l'Europe a été le moteur, le stimulant de toute la politique anti-discrimination

Dominique Devos, présidente de la commission Sécurité sociale du Conseil fédéral de l'Égalité des chances entre hommes et femmes, estime qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour réduire les inégalités. "Il y a un backlash qui s'est opéré pendant des décennies, mais on a aussi beaucoup avancé. Je veux juste faire une incise ; on a aussi des élections européennes. On oublie souvent que l'Europe a été le moteur, le stimulant de toute la politique anti-discrimination entre les hommes et les femmes depuis les années 70", explique-t-elle.

"C'est sur cette base-là, juridique bien sûr, qu'on a avancé, et on l'oublie maintenant un peu, parce qu'au plan juridique, les choses vont bon train et on peut s'en prévaloir. Le problème est que ça n'est pas toujours utilisé par les femmes dans les faits, mais plutôt utilisé par les hommes".

Travail et rémunération à temps partiel

Dans le domaine de l'emploi, Dominique Devos considère que les avancées ne sont pas encore assez importantes. "Quand on dit que le taux d'emploi général augmente, que le taux d'emploi des femmes augmente, c'est à cause de l'emploi à temps partiel des femmes. Ca veut dire qu'on a aussi une rémunération partielle. Et ce qu'on oublie souvent quand on opte de manière volontaire ou contrainte pour un travail à temps partiel, c'est que ça entraîne des prestations de sécurité sociale beaucoup plus faibles".

Selon la présidente de la commission Sécurité sociale du Conseil, il ne s'agit pas uniquement d'avoir moins recours au temps partiel pour les femmes. "C'est toute une question sociologique et de politique d'emploi des employeurs qui préfèrent avoir des travailleurs à temps partiel", explique-t-elle.

Le temps partiel, on ne leur propose que ça

"Aujourd'hui on voit que 44% des femmes travaillent à temps partiel, par rapport à il y a 30 ans où il y en avait 10%. Évidemment, le temps partiel veut aussi dire un 4/5, mais ça peut également vouloir dire un tiers temps. Si elles le choisissent, ça va, mais on voit aussi dans l'enquête sur les forces de travail que c'est souvent parce qu'elles sont obligées de travailler à temps partiel, on ne leur propose que ça", ajoute Dominique Devos.

Toujours au niveau du marché de l'emploi, certaines choses semblent aller dans le bon sens puisque les discriminations visant à orienter les femmes et les hommes vers des métiers en fonction de leur genre à tendance à diminuer. "Parce que les femmes choisissent un peu mieux ce qu'elles veulent faire, et les hommes aussi bien sûr", affirme Dominique Devos.

De nombreuses revendications, notamment celles évidemment liées aux violences faites aux femmes ou encore à la mobilité seront présentées aujourd'hui, en vue de faire bouger les choses à un mois des élections.

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