Effet Diables Rouges: les Belges sont-ils en train de devenir chauvins?

Effet Diables Rouges: les Belges sont-ils en train de devenir chauvins?
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Effet Diables Rouges: les Belges sont-ils en train de devenir chauvins? - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

Depuis leur qualification pour le Mondial, les Diables Rouges suscitent un engouement croissant tant au sud qu'au nord du pays. Le match qui a opposé l'équipe belge à la Russie ce dimanche, a réalisé une audience record. Une vague noir-jaune-rouge qui est en train de faire revivre un certain nationalisme au point de tomber dans le chauvinisme? On en a parlé avec Jean-Michel De Waele, doyen de la Faculté de sciences politiques à l'ULB, dans notre chat de midi.

Plus d'un million 563 mille personnes ont regardé le match de ce dimanche sur la Une en télévision et plus de 72 000 sur le web, sans compter l'affluence record devant les écrans géants (près de 21 000 spectateurs rien que devant le stade Roi Baudouin à Bruxelles) installés un peu partout dans le pays. 

Parallèlement, ce succès semble réveiller une certaine subjectivité. Notamment dans le chef des commentateurs sportifs et les internautes ne manquent pas de les épingler sur Twitter.

Doit-on voir dans cette joie un nouvel élan patriotique sans risque aucun ou bien le développement d'un certain chauvinisme ?

Pour Jean-Michel De Waele, il ne faut certainement pas parler de chauvinisme : "Il se passe 'simplement' ce qui se passe ailleurs, mais nous avons un tel problème identitaire que cela nous semble du chauvinisme !".

Si certains ont l'impression que c'est trop, c'est parce que "nous ne sommes pas habitués à cela depuis des décennies : tant de drapeaux, tant de brabançonne,..", écrit-il.

Et à ceux, qui comme "antifoot", réclament qu'on arrête de leur "casser les pieds avec ce sport honteux de tricherie, de personnes achetées et qui ne tourne qu’au fric", le professeur de l'ULB répond : "Le foot, c'est le foot business et le foot fiesta".

"On se sent exister"

Jean-Michel De Waele rappelle, par ailleurs, que dans un contexte de construction européenne et de mondialisation, "on a de moins en moins l'occasion d’être fier. Donc, quand il y a les Diables, Stromae ou le prix Nobel... On se sent enfin un peu différent dans ce monde globalisé et on se sent exister".

Quant à savoir si ce regain de fierté peut permettre de garder une Belgique unie, il répond : "En tous cas des événements comme celui-ci créent du lien entre les Belges. A Anvers comme à Mons on vit pour une fois la même chose en même temps en étant du même coté". Mais il précise : "Cela peut aider mais c'est éphémère et ne suffira pas à 'sauver le pays'".

"Profitons de ces rares moments de fête populaire ce qui ne doit pas nous faire oublier le foot fric et ses mauvais coté", conclut-il.

 

C. Biourge

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