Education : faut-il banaliser ou bannir la fessée ?

Education : faut-il banaliser ou bannir la fessée ?
Education : faut-il banaliser ou bannir la fessée ? - © rtbf

Est-il dommageable de donner une claque aux enfants? Certains pays européens comme la Suède ont déjà interdit tout type de violence contre les enfants, y compris la fessée, estimant que cette expérience peut se révéler extrêmement traumatisante.

Comment réagir face à un enfant qui fait tout pour se rendre insupportable ? Selon une enquête récente, 70% des parents belges avouent qu'ils finissent par administrer une gifle ou une fessée. Mais de plus en plus de voix s'élèvent contre ces fessées éducatrices. En Suède, par exemple, une loi les interdit et les parents peuvent se retrouver devant la justice. Chez nous, sans aller si loin, certains voudrait aussi bannir ce type de sanctions. Pour le délégué général aux droits de l’enfant, Bernard Devos, "si on veut éduquer nos enfants vers la non-violence et vers un monde juste et moins agressif, donner une fessée serait l’exemple contraire à éviter".

Un aveu d'échec

La fessée est en quelques sortes un aveu d’échec pour le parent qui n'a pu imposer son autorité autrement. Mais pour les professionnels, une loi n'y changerait rien. Véronique Delvenne, pédopsychiatre à l’hôpital des enfants Reine Fabiola explique que s’il existait une législation en la matière, il serait difficile de différencier une fessée violente d’une fessée interdictrice.  Pour elle le sujet est délicat et les pédopsychiatres ne doivent pas être habilités à juger de cette différence.

Changer les mentalités ?

Pour les anti-fessées, il faut changer les mentalités et abandonner la fessée à la maison comme on l'a fait à l'école. Il y a quelques dizaines d’années, il était courant que des professeurs donnent des châtiments corporels à certains enfants. "Cela n’est plus imaginable aujourd’hui, voilà pourquoi aujourd’hui, les parents devraient réaliser que ce qui est interdit à l’école devrait l’être tout autant dans les foyers", explique Bernard Devos.

La nuance de la pédopsychiatre

Pour Véronique Delvenne, mettre des limites à un enfant c’est aussi le rassurer. Car dit-elle, "des enfants sans limites, sont aussi des enfants sans repères qui ne savent plus où sont le bien et le mal, et qui sont extrêmement insécurisés". Reste à voir comment imposer ces limites. Alors, fessée ou pas, la question n'est pas tranchée. Ce n'est sans doute la meilleure forme d'éducation, mais ce n'est pas non plus le pire danger auquel nos bambins sont exposés.

I.L. avec G. Vandenberghe

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