Ecole: quel est le secret du "miracle finlandais"?

Ecole: quel est le secret du "miracle finlandais"?
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Les enquêtes Pisa se suivent et se ressemblent pour la Finlande. Le système scolaire finlandais occupe systématiquement l'une des premières places du classement en ce qui concerne les résultats des élèves de 15 ans, mais aussi en matière d''égalité des élèves dans le système scolaire.

En Finlande, nous avons rencontré différents représentants du système scolaire: des préfets, des professeurs, des membres de l'administration. Nous avons cherché à comprendre pourquoi l'enseignement finlandais fonctionne si bien.

Les enseignants sont excellents. C'est l'un des secrets [de la réussite de notre enseignement]

 

Maria Stenbacka, la préfète de l'école Kirkkojärven d'Espoo, nous accueille dans son établissement. Le bâtiment a été construit il y a quelques années par un architecte spécialisé dans la construction d'écoles. Tout y est conçu pour que les élèves se sentent bien.

"Deux bâtiments de même forme se sont face. L'un est plus petit que l'autre, nous l'appelons le 'petit frère'. Toutes ses dimensions sont pensées pour que les élèves de primaire qui le fréquentent ne se sentent pas trop perdus". L'école a poussé la philosophie finlandaise assez loin, en interdisant le port des chaussures dans le bâtiment. "Nous trouvons cela cosy. Cela permet aux enfants de se sentir à la maison".

Au cours de la visite de l'école, tout nous fait comprendre que l'élève est au centre de la réflexion. "Les enseignants sont excellents. Ils ont tous un master et sont très motivés. Ils savent que les élèves sont la chose la plus importante ici. C'est cela, l'un des secrets… ".

Kristina Kaihari, conseillère à la direction nationale de l'enseignement, partage la même analyse. "Les professeurs sont très bien formés dans leurs matières mais aussi pédagogiquement. Et n'importe qui ne devient pas professeur. Si quelqu'un veut devenir instituteur, il doit passer des épreuves à l'université. L'examen d'entrée dure deux jours. Seuls 10 % de ceux qui souhaitent devenir instituteurs sont acceptés. Parce que c'est un métier très valorisé en Finlande".

Pirjo Sallingen est professeur de finnois. Elle nous confirme ce respect que la société finlandaise témoigne à l'égard des enseignants. "Je crois que nous sommes appréciés, les gens nous respectent. Surtout quand je dis à qui j'enseigne - des adolescents-, les gens me disent : Wouah!"

Les élèves qui nous guident dans notre visite de l'école nous confirment que eux aussi, respectent profondément leurs professeurs, parce qu'ils "ne se sentent pas rabaissés". Selon Loretta, "les profs sont très sympas. Quand ils ont une remarque à faire, ils vous demandent s'ils peuvent vous parler après le cours. S'ils me faisaient une remarque devant tout le monde, je serais très mal à l'aise. C'est bien, parce que le professeur te respecte".

La mobilité des élèves est encouragée

Les élèves sont amenés à travailler en dehors des classes. Des niches leur fournissent un environnement accueillant au détour d'un couloir. Près d'une baie vitrée, une élève finlandaise fait la lecture à une autre élève. "Cette petite fille vient d'arriver en Finlande, nous explique Loretta. Elle ne parle pas bien le finnois. Donc un autre élève l'aide pour qu'elle apprenne à lire. Quand vous avez un problème, un autre élève peut vous aider". Les professeurs estiment que c'est également une forme d'apprentissage intéressante pour l'élève "aidant" et que l'élève plus faible se sent moins stigmatisé de cette manière.

Un tronc commun

Les élèves ont un certain nombre de cours en commun de l'âge de 6 à l'âge de 16 ans. "Les cours de physique, de chimie, de mathématiques, de finnois, de suédois", nous énumèrent plusieurs élèves. "Et on peut choisir le cours de cuisine, d'art, de musique, de menuiserie comme cours à option", ajoutent-ils. "L'an dernier, ils ont fait des hauts parleurs en menuiserie. Ils ont donc aussi fait un peu d'électricité".

Ce tronc commun permet à chaque finlandais de maîtriser les apprentissages de base à l'âge de seize ans. Le système refuse de faire redoubler les élèves. Chaque élève avance avec la cohorte de son âge.

Comment réduire les écarts entre élèves?

Les enfants commencent l'école assez tard, à l'âge de 6 ans. "C'est vrai que les enfants sont différents quand ils commencent l'école. Certains savent déjà lire et calculer quand ils arrivent à l'école, d'autres pas", précise Kristina Kaihari, conseillère à la direction nationale de l'enseignement. "Il faut remettre tout le monde à niveau. On commence très doucement et s'il y a de graves problèmes, des professeurs spécialisés dans les enfants à difficultés interviennent directement. Il faut tout de suite aider, on ne laisse pas les écarts se creuser. Après deux ans, les enfants qui sont plus lents rattrapent le niveau des autres. Et puis on accélère".

Les professeurs sont formés pendant leur formation initiale et pendant leur formation continue à diagnostiquer les problèmes d'apprentissages et à mettre en place des méthodes différenciées d'apprentissage pour réduire les écarts entre les enfants. "Même dans les zones les plus reculées comme la Laponie, les professeurs sont formés de la sorte. Personne n'enseigne sans le titre".

En Finlande, tout ce qui a trait à l'enseignement est gratuit pour les élèves : la cantine scolaire, le transport scolaire, les classes vertes, les sorties, et évidemment les cours.

Le système nous a semblé très séduisant.

Malgré tout, les chercheurs spécialisés dans le modèle finlandais pointent quelques zones d'ombre. Les élèves étant obligés de fréquenter l'école de leur quartier, si certains quartiers sont socio-économiquement défavorisés, la composition de l'école s'homogénéise. Les conséquences sur les connaissances des élèves sont pour l'instant limitées mais cette évolution inquiète certains chercheurs finlandais.

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