Eaux de baignade: qualité en hausse, mais pas partout

L'Ourthe à La Roche-en-Ardenne, un des lieux de baignades les mieux cotés par l'Europe
L'Ourthe à La Roche-en-Ardenne, un des lieux de baignades les mieux cotés par l'Europe - © DAVID MARTIN - BELGA

Avis aux vacanciers et aux baigneurs: l’état sanitaire des mers, rivières et plans d’eau d’Europe progresse. Une tendance perceptible aussi en Belgique. Bémol: trop polluées, plus du tiers des zones de baignade wallonnes sont aujourd’hui fermées.

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a publié son bulletin annuel des eaux de baignade ce 20 mai. Autant dire que ce rapport est généralement fort attendu, par les adeptes du maillot et de la trempette en plein air, mais surtout par les autorités nationales des pays de l’Union (et de la Suisse et l’Albanie, également visées).

Verdict 2014: 95% des 21.538 sites analysés répondent aux normes minimales requises, 83% étant même considérés comme d’excellente qualité. C’est mieux qu’en 2013, année qui confirmait déjà la tendance positive des précédentes. Mention spéciale au trio Chypre-Malte-Luxembourg où toutes les zones de baignades sont (selon le rapport) au top.

Quid en Belgique ?

Selon l’AEE, 97,3% de nos 110 zones de baignade officiellement reconnues sont jugées conformes, et sont donc ouvertes aux baigneurs. La cote "excellent" est même attribuée à 76,4% de ces sites. La Belgique suit donc la courbe positive générale.

En passant ce bulletin belge à la loupe, il convient de distinguer sites maritimes et intérieurs. C’est devenu une constante: 100% des plages de la côte belge ont les qualités minimales exigées (69% sont même jugées d’excellente qualité), ce qui est le cas pour 95,6% des zones de baignades situées à l’intérieur du pays sont conformes (80,9% excellentes).

Zoom sur la Wallonie

Le sud du pays compte officiellement 37 zones de baignade. Certaines répondent aux normes d’excellence européennes depuis plusieurs années. C’est le cas de la plage de Renipont à Lasnes, du Grand Large à Nimy, des étangs de Recht à Saint-Vith, des centres sportifs de Libramont et de Saint-Léger, de la vallée du Rabais à Virton, ou des lacs de la Plate Taille à Cerfontaine et de Bambois à Fosses-la-Ville.

Le bulletin de la Semois à Herbeumont et à Alle-sur-Semois reste également bon année après année.

D’autres sites se distinguent par l’amélioration de la qualité de leurs eaux, vers les normes les plus élevées. Citons les lacs de Claire Fontaine à Chapelle-lez-Herlaimont, de Féronval à Froidchapelle, de Robertville à Waimes, de Cherapont à Gouvy, de Falemprise et du Ry Jaune à Cerfontaine, mais également l’Ourthe à la Roche-en-Ardenne et la Semois à Vresse-sur-Semois.

Entre tops et flops

Mais le bilan wallon se perd aussi en partie en eaux troubles. Ainsi, plus du tiers de ces 37 zones officielles sont désormais fermées. Certaines le sont depuis plusieurs années, comme l’Amblève à Nonceveux et Coo, la Hoëgne à Jalhay, l’Our à Burg-Reuland, l’Ourthe à Hotton, la Semois à Florenville, et surtout la Lesse à Pont-à-Lesse, Hulsonniaux, Houyet et Belvaux. Pire: 4 nouvelles zones viennent compléter cette année ce tableau noir: l’Ourthe à Noiseux, le plan d’eau de la Marlette à Seneffe, mais aussi les lacs de Neufchateau et de Butgenbach (NDLR: pour ce dernier, les analyses de qualité sont reprises à zéro en raison du déplacement de la zone de baignade. Ce manque de recul explique sans doute ce surprenant carton rouge).

Alors, pourquoi la Wallonie reste-t-elle le maillon aquatique faible ? Question de timing. La problématique de la qualité des eaux (la protection en amont, l’épuration en aval) a été prise en considération très (trop) tardivement par les autorités régionales. Le retard se résorbe, mais cela prend du temps.

Question de topographie aussi. Il est plus simple de contrôler et de réguler des sites fermés (lacs, plans d’eau) que des rivières. Les cours d’eau sont davantage exposés aux effluents d’élevage, aux pollutions domestiques et industrielles, aux aléas des pluies diluviennes ou des eaux de ruissèlement souillées…

On constate d’ailleurs que la plupart de zones de baignades wallonnes recommandées sont des sites fermés, et a contrario que la majorité des zones bannies sont situées en bord de rivières. Exemple frappant: la Lesse, officiellement rayée de la carte des bains estivaux depuis 2013…

C’est le paradoxe: si le bulletin de la région est artificiellement plus positif, c’est aussi parce que les 14 sites qui plombaient le résultat global ont aujourd’hui perdu leur agrément en raison d’une accumulation de mauvaises notes annuelles. Les mauvais élèves partis, la classe semble se porter mieux.

Il revient donc au baigneur occasionnel de voir le verre à moitié plein, ou à moitié vide. Certes, le nombre de zones de baignade officiellement reconnues a fondu en Wallonie. Mais les 23 qui restent présentent quasiment toutes les qualités requises pour un grand plouf rafraichissant cet été.

@RudyHermans

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