Dutroux, Haemers, Abdeslam, Champenois : ces autres chasses à l’homme qui ont marqué la Belgique

Vous ne l’aurez pas manqué, une importante chasse à l’homme à lieu depuis plusieurs jours dans le Limbourg. Jürgen Conings, un militaire armé, partisan de l’extrême droite, est actuellement en fuite et menace notamment de tuer le virologue Marc Van Ranst.

Ce n’est toutefois pas la première chasse à l’homme que la Belgique connaît. Certains fugitifs ont en effet déjà donné du fil à retordre aux forces de l’ordre par le passé. Retour sur l’histoire de certains d’entre eux.

Roger Champenois, le monstre des Ardennes

Dimanche 23 août 1964. Nous sommes un dimanche à l’aube, lorsque Roger Champenois pénètre dans l’épicerie du village d’Houdemont, frappe la propriétaire des lieux à la tête avec une hache et emporte quelques provisions avant de s’enfuir dans la forêt avec sa fille aînée. Le jour même, la jeune otage est retrouvée saine et sauve. L’agresseur a disparu… C’est le début d’une chasse à l’homme mémorable !

Si ce fermier illettré de Buzenol, petite localité belge perdue au creux de la forêt d’Etalle, a pris la fuite, c’est parce qu’un an plus tôt, il avait tué sa compagne, l’avait enterré dans la grange et avait coulé une dalle de béton sur le corps de cette dernière.

Pour le retrouver, des centaines d’hommes, gendarmes et militaires, ratissent alors plus de 300 hectares de forêt… Sans le moindre succès ! C’est aussi la première fois qu’un hélicoptère équipé des derniers perfectionnements survole la région.

Il sera finalement attrapé le matin du 1er septembre, réfugié en haut d’un chêne, il est démasqué par son urine. En effet, quelques gouttes tombent, immobilisant le chien policier qui lève la tête tout comme son maître qui n’aura plus qu’à le "cueillir ".


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Arnaud Degezelle, le tueur fou de Mouscron

Un visage d’adolescent qui a semé la terreur pendant plus d’un mois à Mouscron en 1992. Arnaud Degezelle, 17 ans, tuera un adolescent de 16 ans en pleine rue et essayera de tuer quatre autres personnes entre le 12 août et le 11 septembre.

Toute une période durant laquelle des dizaines de milliers de Mouscronnois se sont cloîtrés chez eux, effrayés de croiser le "tueur fou" qui tirait sur des inconnus pour son plaisir.

Sous pression, les autorités travaillent sans relâche à la résolution de cette affaire particulière. Seuls l’arme et le mode opératoire liaient les différents crimes entre eux, le mobile restait introuvable.

C’est l’arrivée d’une lettre au commissariat signée par le tueur qui relancera l’enquête et mènera les autorités chez Arnaud Degezelle, un adolescent de 17 ans, déscolarisé et solitaire.

Condamné à la perpétuité, l’homme a été retrouvé sans vie dans son lit à la prison d’Andenne le 8 décembre 2012.


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Salah Abdeslam, le survivant du 13 novembre

126 jours, c’est la durée de la cavale du tristement célèbre Salah Abdeslam. Seul rescapé des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, l’homme a été traqué pendant plus de 4 mois, partout à travers la France et la Belgique par des milliers des policiers et militaires.

Alors que l’homme semblait avoir complètement disparu, une perquisition de routine le 15 mars 2016 au 60, rue du Dries à Forest va tout va faire basculer.

Alors que les quatre enquêteurs de la division antiterroriste de la police judiciaire belge, accompagnés de deux collègues français pensaient rentrer dans un logement vide pour y trouver des empreintes, ils sont accueillis par une kalachnikov et une salve de tirs à bout portant.

Les policiers parviennent à battre en retraite, ce qui laissera l’opportunité à deux hommes de fuir par les toits, tandis qu’un troisième est abattu par un sniper. Dans la foulée, la police va recevoir un appel d’un ami du terroriste. Ce dernier indique que Salah Abdeslam était bien dans la planque et qu’il en recherche désormais une nouvelle.

Après de multiples écoutes réalisées le 17 mars lors des funérailles de Brahim Abdeslam, le frère aîné de Salah, ce dernier sera localisé et interpellé le lendemain. C’est la fin d’une des cavales les plus médiatisées de l’histoire.


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Patrick Haemers, "le grand blond"

La vie de braqueur, c’est celle qu’a choisie Patrick Haemers. Une vie qui le fera rapidement devenir l’ennemi public numéro un en Belgique.

Surnommé "le grand blond", issu d’un milieu aisé, il va se spécialiser dans les braquages.

Son premier gros coup date du 2 novembre 1983, jour de son anniversaire où il va prendre en otage 28 personnes dans un centre de tri postal et repartir avec un butin atteignant les 9,5 millions de francs belges.

Au fil des années, il enchaînera les hold-up, prise d’otages, attaques de fourgons postaux… Patrick Haemers et ses complices empochent des millions. Ces attaques laisseront au moins trois morts et de nombreux blessés parmi les convoyeurs.

Son plus gros coup restera toutefois l’enlèvement de l’ancien Premier ministre belge, Paul Vanden Boeynants. Patrick Haemers et sa bande le séquestrent durant un mois dans une villa du Touquet en France. En échange d’une rançon l’homme politique sera relâché aux abords de la gare de Tournai le 13 février 1989.

Ce meneur de bande aura réussi à se soustraire à la justice pendant de nombreuses années alors que des centaines d’hommes étaient à sa recherche. C’est finalement durant l’année 1989 qu’il est arrêté au Brésil et extradé vers la Belgique.

Patrick Haemers se pendra au radiateur de sa cellule de la prison de Forest un an avant son jugement.


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Marc Dutroux

Jeudi 23 avril 1998 : une date dans l’histoire policière belge. L’homme le plus haï de Belgique s’est évadé. Ce n’est pas une blague !

Marc Dutroux, celui qui a enlevé et assassiné Julie, Melissa, An et Eejfe a pris la fuite. La population est traumatisée par le drame des enfants "martyrs", elle le sera encore plus quand elle apprendra, en direct à la radio et à la télévision, qui ont interrompu leurs programmes, que Marc Dutroux a profité d’un moment d’inattention de deux gendarmes pour se faire la belle.

Sa fuite durera quelques heures, 210 minutes précisément. Suffisantes pour provoquer un séisme politique sans précédent.

Comment le prisonnier le mieux gardé du pays, interpellé en août 1996, a-t-il réussi son coup ? Ce jour-là, Marc Dutroux vient consulter son dossier, au palais de justice de Neufchâteau, comme il le fait régulièrement depuis son incarcération.

Il est 14 h 50. Le temps est printanier. Dutroux entre dans le palais de justice accompagné de deux gendarmes. Il veut parcourir le volet "vol de voitures" de son dossier judiciaire. Il manque une partie à ce dossier 87/1 : un de ses gardiens part la chercher à l’étage. C’est à ce moment que Dutroux en profite. Il bouscule le gendarme resté à ses côtés et lui prend son arme.

Il court, sort du palais et disparaît dans le dédale des ruelles. Chaussée d’Arlon, il braque violemment un automobiliste et part au volant de sa voiture, une Renault Mégane.

Toutes les polices du Royaume sont en alerte. Les frontières sont bouclées. Les hélicoptères survolent la région. 5000 hommes sont envoyés sur le terrain pour retrouver le fugitif dont le signalement est diffusé largement. C’est l’évasion du siècle ! Personne ne sait combien de temps elle peut durer. Les pires scénarios sont imaginés. Un suicide ? Un nouveau rapt d’enfant ? Un acte de vengeance ?

Heureusement, intervient Stéphane Michaux. Ce garde-forestier aperçoit la Renault Mégane dans un bois près d’Herbeumont, toujours en province de Luxembourg. Dutroux s’est embourbé. Police et gendarmerie sont immédiatement prévenues. Elles viennent cueillir l’homme, sans violence. La cavale est terminée.

Cette séquence aura, on l’a dit, des conséquences politiques. Le ministre de la Justice Stefaan De Clerck et son collègue de l’Intérieur Johan Vande Lanotte démissionnent. Un véritable séisme.

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