L'Europe veut encore durcir les normes sur la qualité de l'eau du robinet: "ça risque d'avoir un impact sur les prix"

Le parlement européen a adopté mardi la révision de la directive sur la qualité de l'eau de consommation. A la suite de l'initiative citoyenne à succès "Right2Water", la Commission européenne avait proposé en février dernier plusieurs mesures pour augmenter la consommation globale d'eau du robinet, améliorer l'accès à l'eau potable ainsi que la qualité de cette eau.

Parmi ces mesures, figurent un accès facilité, notamment en ligne, à des informations sur la qualité et la fourniture d'eau potable, l'encouragement des États membres à installer des fontaines publiques, ou encore le soutien de la mise à disposition d'eau du robinet dans les restaurants, les cantines scolaires et d'entreprise, à titre gratuit ou à faible coût...

De nouveaux critères permettant de potatibiliser l'eau ont également été proposés. Ils n'avaient plus été modifiés depuis 1998.

Concrètement, la législation adoptée réduit les doses maximales de certains polluants tels que le plomb (de moitié), les substances polyfluorées (PFAS) et les bactéries dangereuses, et met en place une surveillance des niveaux de microplastiques, un sujet de préoccupation grandissant.

Il revient désormais aux États membres de trouver le mix adéquat des mesures encourageant l'accès gratuit à l'eau potable, a souligné la députée Hilde Vautmans (ADLE, Open Vld). Les institutions européennes doivent aider les villes et communes sur le plan financier et technique, souligne-t-elle.

Le rapport a été adopté par 300 voix pour, 98 contre et 274 abstentions. Le Parlement entrera en négociations avec les États membres (le Conseil) une fois que les ministres de l'UE auront adopté leur position sur le dossier.

"Durcir les normes pourrait avoir un impact sur les prix"

"Tous les opérateurs de distribution d'eau en Wallonie respectent les normes déjà existantes", explique Benoit Moulin, porte-parole de la Société wallonne des eaux (SWDE), "Ce sont des normes très strictes basées sur des études scientifiques et qui ont été durcies, pour certaines, en 2012. Elles permettent de limiter au maximum le risque d'exposition à des minéraux, des métaux, des éléments qui relèvent de la micro-chimie ou de la micro-biologie...

La directive européenne propose de durcir encore plus ces normes, de manière à augmenter la confiance des consommateurs dans l'eau du robinet. Mais pour les opérateurs, ce n'est pas une décision neutre sur le plan budgétaire. Il faut savoir que le traitement et tous les moyens mis en œuvre pour que l'eau du robinet respecte les normes actuelles, peuvent représenter entre 20 et 25% du prix du m² d'eau. Cela pourrait donc avoir un impact pour le consommateur".

"Chez nous en Belgique, on peut affirmer que la qualité de l'eau est très bonne, puisque le taux de conformité aux normes européennes existantes est de 99.94%, selon les derniers relevés. Si l’objectif est de donner confiance en l'eau du robinet dans d'autres pays de l'Union Européenne, mieux vaut-il d'abord s'assurer que les normes actuelles sont effectivement respectées sur l'ensemble des territoires de l'Union européenne".

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