DSK: le retournement judiciaire ravive l'idée d'un complot politique

DSK: le retournement judiciaire, retour de l'idée de complot et retour en politique ?
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DSK: le retournement judiciaire, retour de l'idée de complot et retour en politique ? - © Don Emmert (AFP)

De nouveaux éléments relancent l'"affaire DSK" depuis vendredi. Des éléments qui égratignent sérieusement la crédibilité de la plaignante, Nafissatou Diallo, celle qui accuse Dominique Strauss-Kahn de viol. La théorie du complot fait à nouveau son apparition.

Beaucoup d'incertitudes et de mensonges planent autour de la plaignante, Nafissatou Diallo. On la croyait mère célibataire et veuve. Elle se serait en fait re-mariée il y a un peu plus d'un an. Mais cette union ne semble pas apparaître dans les registres officiels américains. Ce nouveau mari serait en réalité un homme originaire de Gambie, un trafiquant de drogue emprisonné en Arizona. 

Nafissatou Diallo aurait téléphoné à cet homme au lendemain du présumé viol. C'est à cet homme qu'elle aurait dit de ne pas s'inquiéter, que "ce type a plein de fric" et à qui elle confie "savoir" ce qu'elle fait. Une phrase relayée par le procureur Cyrus Vance. Une simple phrase qui a fait basculer toute cette affaire.

Ce "mariage" ne serait pas non plus le seul mensonge que la plaignante aurait raconté aux enquêteurs. On lui prête d'autres écarts avec la vérité : concernant un précédent viol, concernant sa demande d'asile aux Etats-Unis, la fausse déclaration d'un second enfant à charge pour frauder les services fiscaux, ses factures de téléphone, etc. Les enquêteurs la soupçonnent aussi d'être impliquée dans des activités criminelles : trafic de drogue, blanchiment d'argent. Au total, 100 000 dollars ont été déposés sur plusieurs comptes à son nom. Et ce, au cours des deux dernières années. 

Mais son récit des faits est également maintenant remis en cause. Elle aurait "oublié" de préciser avoir nettoyé une autre chambre avant de dénoncer les faits qu'elle aurait subis. Des détails qui ont toute leur importance. 

Le retour de la théorie du complot

Alors, depuis ces dernières révélations de "flou" dans le timing des évènements et ce retournement de situation, la vieille rumeur du "complot politique" refait surface. Quand l'Elysée a-t-il été mis au parfum de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn ? Le président l'aurait-il appris avant tout le monde ? 

L'AFP affirme que c'est le groupe Accor, propriétaire du Sofitel de Manhattan, qui aurait personnellement prévenu les services français de renseignements. Claude Guéant, ministre de l'Intérieur n'infirme pas. Mais ne confirme pas non plus. Du coup, certains n'hésitent pas à évoquer des liens "pas clairs" entre le groupe et "certaines officines françaises".

Le groupe Accor a, pour sa part, tenu à démentir toute intervention au cœur de cette affaire. Ce qui n'exclut pas l'existence d'une éventuelle source directe dans l'hôtel Sofitel. Plusieurs médias visent clairement le responsable de la sécurité. Un ancien haut fonctionnaire de la police nationale. 

Complot international visant à décapiter le FMI, manipulation... L'affaire DSK nous promet encore quelques rebondissements. 

Un retour de DSK sur la scène politique ?

Dominique Strauss-Kahn pourrait-il faire son retour en politique ? Martine Aubry a en tout cas entrouvert dimanche la porte à un éventuel retour. Rappelons que DSK reste toujours inculpé de crimes sexuels. Mais s'il est innocenté, personne ne s'opposera à sa candidature à la primaire socialiste, a expliqué la maire de Lille à France 2. Elle a toutefois tenu à préciser qu'elle restera "bien sûr" en lice. 

"Puisqu'on aime parler de débats irréels dans notre pays, admettons même que Dominique Strauss-Kahn décide de revenir comme candidat auprès de nous, personne n'osera lui opposer un quelconque calendrier", a-t-elle expliqué. 

Les candidats à la primaire du PS peuvent déposer leur candidature jusqu'au 13 juillet. La prochaine audience de Dominique Strauss-Kahn devant la justice américaine est prévue cinq jours plus tard, soit le 18 juillet à New York.

AdC (avec agences, France Info et le Journal du Dimanche)

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