DSK à Cambridge, un "affront" pour l'avocat de Nafissatou Diallo

Dominique Strauss-Kahn
Dominique Strauss-Kahn - © AFP

L'avocat de la femme de chambre Nafissatou Diallo, Douglas Wigdor, a dénoncé comme un "affront" la conférence prévue vendredi soir à Cambridge de Dominique Strauss-Kahn, un événement très couru qui suscitait également des protestations d'étudiants.

Devant une centaine d'élèves de la faculté de droit de la prestigieuse université anglaise et presque autant de journalistes, l'avocat venu spécialement des États-Unis s'est dit "sidéré" par l'invitation faite à l'ancien patron du FMI, qui doit exposer ses vues à 20H30 sur "l'état de l'économie mondiale".

"Pourquoi la 'Cambridge Union' (l'association estudiantine) ouvrirait-elle ses portes à un homme qui a été accusé d'utiliser ses pouvoirs d'ancien chef du FMI pour agresser sexuellement une femme et qui est maintenant impliqué dans un scandale lié à la prostitution? ", a-t-il accusé.

"Qu'on lui donne ici une tribune pour s'exprimer est un affront à toutes les victimes d'agression sexuelle".

Les charges pénales contre DSK, accusé d'agression sexuelle par Nafissatou Diallo, femme de chambre à l'hôtel Sofitel de New York, ont été abandonnées. Mais l'ex-patron du FMI, 62 ans, contraint à la démission à cause de cette affaire, a été rattrapé en France par le dossier dit "du Carlton", une affaire de proxénétisme.

L'avocat américain, invité par la section femmes du syndicat étudiant CUSU, a aussi lu en anglais une déclaration de la part de Tristane Banon, qui avait déposé une plainte pour tentative de viol contre DSK, classée sans suite par la justice française.

"Inviter l'ancien chef du FMI vise à le réinsérer dans la vie publique et c'est une insulte aux femmes", a déclaré l'avocat au nom de la Française.

Une conférence qui attire du monde

Depuis fin février, la venue de Dominique Strauss-Kahn fait des vagues. Est-ce l'impact de la polémique? La conférence doit faire salle comble et les tickets ont été tirés au sort à cause de l'affluence.

Au petit matin vendredi, les murs de la Cambridge Union Society ont été couverts de graffitis aux slogans vengeurs tels "à mort DSK", ou "les femmes méritent mieux! ".

"Grande figure du FMI", DSK "a des connaissances exceptionnelles dans son domaine. C'est la raison pour laquelle nous l'avons invité", a répondu la Cambridge Union Society.

"Nous ne retirerons pas notre invitation", a souligné l'association, qui a invité dans le passé le dalaï lama et l'ancien leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen, et rappelle que "s'exprimer devant l'association n'implique pas une quelconque approbation ou un quelconque soutien".

Belga
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