Drame de Beringen : il manque une enquête technique pour comprendre la mort des pompiers

Drame de Beringen: il manque une enquête technique pour comprendre la mort des pompiers
Drame de Beringen: il manque une enquête technique pour comprendre la mort des pompiers - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

L’enquête judiciaire est en cours à Beringen, où un incendie a coûté la vie à deux pompiers dans la nuit de samedi à dimanche.

L'expert qui a examiné lundi après-midi le bâtiment dans lequel deux pompiers sont décédés en intervention dans la nuit de samedi à dimanche, sur la Koolmijnlaan à Beringen, a constaté qu'il est possible que l'incendie ait été le résultat d'une intervention humaine.

"Il ressort des premières constatations qu'il n'y a pas d'indication d'un défaut technique", indique Pieter Strauven, du parquet du Limbourg, lundi. "Nous suspectons actuellement une intervention humaine. L'enquête va dans ce cas devoir déterminer s'il s'agissait d'une intervention volontaire ou non".  
Mais il manque une enquête technique qui permettra de comprendre pourquoi et comment les deux pompiers ont trouvé la mort.

Et c’est pourtant indispensable pour le commandant Jorrissen chef de la zone de secours Limbourg-Nord : "Pour comprendre ce qui s‘est passé, il faut faire une enquête séparée de l’enquête judiciaire car celle-ci a seulement pour but de déterminer les faits et les responsabilités criminelles mais pas les problèmes techniques rencontrés par les pompiers en cours d’intervention. C’est cela qui permettrait de comprendre comment et pourquoi deux hommes sont morts à Beringen."

Et pour le commandant Jorrissen, le système idéal n’existe pas aujourd’hui pour les mener : "Idéalement, il faudrait un système avec des experts indépendants qui ne seraient influencés ni par la politique, ni par l’administratif ni par le monde judiciaire. Un système qui disposerait de beaucoup d’expertise, en qui tout le monde aurait une confiance absolue."

Une dépendance avec les zones de secours qui dérange

C’est justement et théoriquement la mission du Centre de connaissance pour la sécurité civile. Créée en 2007, cette structure a d’abord fonctionné de façon autonome par rapport au SPF Intérieur. Mais avec la réforme, elle a été intégrée dans l’administration. "Elle a perdu son autonomie et les fédérations de pompiers n’ont plus leur mot à dire dans sa gestion", déplore Quentin Grégoire, le président de la fédération des Sapeurs-pompiers de Belgique. Même s’il regrette cette situation, il refuse d’entamer une polémique avant les funérailles deux pompiers de Beringen.

Quoi qu’il en soit, le centre de connaissance est bel et bien opérationnel affirme son directeur, Willy Vanderstraeten. Il dispose d’une équipe de neuf fonctionnaires et a son siège au sein du ministère de l’Intérieur. "Collecter les informations sur les sinistres, les analyser et en tirer des leçons pour la formation des pompiers à l’avenir, c’est notre mission. C’est vrai que nous n’avons pas nos propres enquêteurs mais nous travaillons avec des experts du terrain, et nous recevons les 'retex', les retours d’expérience établis par les officiers d’intervention. Les grandes zones nous les envoient presque systématiquement. Nous les analysons et en tirons des rapports qui sont publiés sur notre site, qui est accessible à toutes les zones. Et pour l’accident de Beringen, nous allons engager des experts qui la semaine prochaine, iront enquêter sur place. Et nous publierons leurs conclusions pour que plus jamais un tel drame ne se reproduise. En sachant toutefois que le risque zéro n’existe pas."

Et c’est justement cette dépendance vis-à-vis des zones de secours pour l’information et l’expertise de terrain qui gênent les hommes du feu qui mettent en cause une réforme des services de secours qui impose toujours plus de missions avec toujours moins de moyens.

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