Dosage modifié pour la L-thyroxine, des milliers de Belges concernés

Dosage modifié pour la L-thyroxine, des milliers de Belges concernés
Dosage modifié pour la L-thyroxine, des milliers de Belges concernés - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

La L-thyroxine est un médicament que plus de 500 000 belges connaissent bien: ils en prennent un comprimé tous les jours, à vie, pour palier le manque d'hormones thyroïdiennes. Mais au premier janvier, la formule de ce médicament change. Des centaines de milliers de patients vont donc devoir adapter leur traitement.

Le rituel est le même chaque matin pour ces patients: un comprimé à jeûn, avec peu d'eau. La L-thyroxine remplace la thyroïde qu'on a enlevé ou qui dysfonctionne. Et le dosage de ce médicament est très délicat.

Dès le 1er janvier, il va cependant falloir s'organiser: les boîtes existantes ne seront plus commercialisées, car la formule du médicament a été modifiée.

Les nouveaux médicaments sont déjà en fabrication dans une firme pharmaceutique de Molenbeek-Saint-Jean. Cette amélioration a été rendue nécessaire 20 ans après la conception du produit. "C'est un processus qui est très sophistiqué", explique le docteur Johan Imschoot, directeur médical de l’entreprise. "Il y a toujours de nouvelles méthodes qui se développent". La substance active reste la même, mais les composants qui l'entourent pour former le comprimé sont différents.

Meilleure absorption et modification des doses

Les études cliniques montrent que ce changement modifie l'absorption du médicament. "On a vu que l'absorption de la nouvelle formule est supérieure à l'absorption de l’ancienne formule, donc cela peut avoir un effet sur la posologie que le patient doit prendre", ajoute Johan Imschoot.

Les pharmaciens et les médecins ont été prévenus. Pour les spécialistes, l'amélioration du médicament est une bonne chose, mais elle ne va pas sans conséquences pour les patients. "Le pharmacien va déjà expliquer qu'il y a eu une modification et qu'ils doivent adapter leurs doses en fonctions de symptômes qu'ils pourraient avoir", explique Jean-Claude Daubresse, endocrinologue diabétologue à l'Hôpital Marie-Curie. "Les symptômes peuvent être des palpitations, une hypernervosité, parce qu'ils pourraient être en hyperthyroïdie. La firme a expérimenté cela, mais ce sont des cas très rares. Par contre il faudra souvent réduire la dose".

Examens nécessaires pour certains

Mais pour adapter le dosage, près de 7 patients sur 10 devront faire une analyse de sang huit semaines après la prise du nouveau médicament. L'impact financier sur l'INAMI pourrait être important. Pour chaque analyse d'hormones thyroïdales, cet organisme rembourse la totalité du coût, c'est-à-dire environ 22 euros. L'INAMI rembourse également entre 18 et 24 euros la visite chez le médecin, selon qu'ils soit généraliste ou spécialiste.

Au total, la facture s'élève donc à 40 voir 46 euros, à multiplier par des centaines de milliers de patients. Difficile pourtant d'évaluer précisément l'impact sur la sécurité sociale, puisqu'en temps normal certains patients sont déjà suivis plusieurs fois par an. "Les patients qui ont simplement cette pathologie ne sont vus qu'une fois par an, et on leur prescrit souvent plusieurs boîtes", fait cependant remarquer Jean-Claude Daubresse. "Donc la plupart vont arriver de mois en mois et peut-être que dans un an un an demi on n'en parlera cependant plus".

Au premier janvier, la L-thyroxine sera plus efficace, mais il faudra sans doute aux malades un peu de patience pour les analyses et les rendez-vous chez les spécialistes.

WF, avec S. Heinderyckx

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