Disparition des abeilles : "il faut un financement dans la recherche aux alternatives aux pesticides" pour ce professeur de Gembloux

Disparition des abeilles : "il faut un financement dans la recherche aux alternatives aux pesticides" pour ce professeur de Gembloux
Disparition des abeilles : "il faut un financement dans la recherche aux alternatives aux pesticides" pour ce professeur de Gembloux - © DENIS CHARLET - AFP

C’est aujourd’hui connu : si on peut tartiner de confiture nos croissants au petit-déjeuner, ou un fruit, c’est notamment grâce au travail des abeilles. Celles-ci favorisent la pollinisation de 80% des plantes à fleurs. C’est donc une alliée indispensable pour l’écosystème, mais aussi pour notre alimentation. Or, 30 à 40% des colonies ont été décimés en moins de 10 ans en Europe. Scientifiques et apidologues s’accordent à dire que les 5000 pesticides commercialisés ont une part de responsabilité importante dans ces disparitions. "Le déclin des populations d’abeilles est multifactoriel. On cite souvent une douzaine de causes, et parmi les plus importantes, ce ne sont pas les pesticides, mais la destruction de l’habitat. Le fait d’avoir une agriculture intensive, une urbanisation ou la déforestation est ce qu’on identifie comme les principaux moteurs de la destruction des sites de vie des insectes. Parmi l’ensemble de ces causes se situent aussi les pesticides. Une étude récente démontre que les pesticides sont responsables à hauteur de 10 à 15% de cette disparition de diversité d’abeilles", affirme François Verheggen, professeur à Gembloux Agro-Bio Tech.

Actuellement, des discussions sur la question de tests sur l’action des pesticides sur les pollinisateurs se tiennent au Parlement européen. Pour ce chercheur, l’idée est excellente, et est même déjà appliquée. "Toute la question est de savoir quelle puissance on va donner à ces tests. Jusqu’où allons nous voir ? Va-t-on se limiter à des effets létaux, autrement dit on applique le produit et on regarde si l’abeille meurt directement ou s’intéresse-t-on à des essais sublétaux, c’est-à-dire aller voir si sur le long terme, malgré la non mise à mort de l’abeille, sa capacité à se déplacer, à trouver les bonnes fleurs qui contiennent le pollen, à retrouver sa ruche, sera-t-elle altérée ? Ce sont des essais qui ne sont malheureusement pas suffisamment menés sur les nouveaux produits à mettre sur le marché. Mais, il n’y a pas que les abeilles. Il y a toute une série de mouches qu’on appelle des syrphes ou des papillons qui jouent le rôle de pollinisateur. Cela augmente donc encore la diversité des tests qui devraient se faire et si on se place du côté de celui qui commercialise, ce sont des tests qui n’en finissent pas", interroge François Verheggen.

Selon lui, il faudrait donc appuyer des tests plus approfondis et plus forts afin d’essayer de limiter cette disparition des abeilles, notamment due aux pesticides. "Il faudrait aussi rajouter en plus un financement dans la recherche aux alternatives aux pesticides. Il existe d’autres méthodes de lutte que les pesticides neurotoxiques. Recherchons donc des alternatives", plaide-t-il.

7 à la Une 13/04/2019

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