Disparition de Jihane à Anderlecht: le suspect, qui dit "avoir voulu l'aider", reste en prison

Disparition de Jihane à Anderlecht: le suspect "voulait l'aider" mais "ne faisait pas confiance à la police"
Disparition de Jihane à Anderlecht: le suspect "voulait l'aider" mais "ne faisait pas confiance à la police" - © Tous droits réservés

La chambre du conseil de Bruxelles a prolongé vendredi la détention préventive de l'homme soupçonné d'avoir enlevé dimanche la petite Jihane El Oizi, âgée de 6 ans. Il demeure inculpé du chef de détention arbitraire et enlèvement, a indiqué vendredi le parquet de Bruxelles.

Aurel C., le ressortissant roumain en compagnie duquel Jihane EL Oizi (6 ans) a été retrouvée lundi après avoir été portée disparue la veille à Anderlecht, fournit peu de clarifications sur les faits ou le motifs de son geste, ont indiqué vendredi ses avocats, Mes Bernard Ayaya et Lowanbuy Kakiese. Selon ses propres dires, Aurel C. voulait aider Jihane qui s'était perdue mais ne faisait pas confiance à la police belge. L'homme a comparu ce vendredi devant la chambre du conseil et ses avocats n'ont pas demandé sa remise en liberté.

Jihane El Oizi avait disparu dimanche après-midi alors qu'elle se trouvait avec son père au marché des abattoirs d'Anderlecht. Son père l'a perdue de vue vers 15h00 et la fillette avait disparu depuis. Lundi matin, la police fédérale a diffusé un avis de recherche dans lequel figurait la description de Jihane et d'un homme aperçu en sa compagnie.

"Il dit avoir voulu conduire l'enfant à l'ambassade"

Vers 11h45, la police a pu retrouver Jihane et interpeller le suspect, Aurel C. (45 ans) aux abords de son domicile dans le centre de Bruxelles grâce à une information qui lui avait été fournie.

"Notre client a déclaré avoir seulement voulu aider Jihane parce qu'elle s'était perdue. Il pensait qu'il s'agissait d'une fillette Rom et a expliqué ne pas faire confiance à la police. Selon lui, cette dernière ne saurait pas comment s'y prendre avec les filles Rom. Son but était de conduire l'enfant à l'ambassade de Roumanie mais il ne précise pas pourquoi il a attendu si longtemps pour le faire", a indiqué Me Ayaya.

"Très pu loquace"

Aurel C. n'aurait pas plus expliqué pourquoi il a revêtu la fillette d'autres vêtements ou pourquoi il s'est rasé la barbe et les cheveux. Il n'a pas fourni davantage d'explications sur son profil Facebook sur lequel figurent des photos de jeunes filles à demi nues et des citations religieuses. Il n'a pas non plus indiqué ce qu'il a fait avec l'enfant, selon ses avocats.

"Notre client est très peu loquace et lorsque nous l'interrogeons, il se referme aussitôt. Ensuite, il dit que seul Dieu peut le juger et que la justice des hommes est approximative", poursuivent ses avocats.

Aurel C. et Jihane auraient discuté ensemble mais il n'a pas révélé le contenu de ces conversations à ses avocats. Le résultat des perquisitions menées à son domicile n'est pas encore connu. On ignore également si l'homme a un passé judiciaire en Roumanie. Le juge d'instruction a ordonné une expertise psychologique et psychiatrique d'Aurel C.

"Cette expertise est évidemment nécessaire afin de comprendre ce qui se passe dans sa tête. Est-il un soi-disant "fou de Dieu" ou quelqu'un qui aurait plutôt des tendances pédophiles ? Il est trop tôt pour nous prononcer à ce sujet", ont conclu ses avocats.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir