Discrimination à l'embauche: déjà 40 dossiers enregistrés en 2015 chez Actiris

Le racisme frappe surtout les personnes issues des pays d’Afrique noire et les demandeurs d’emploi de confession musulmane.
Le racisme frappe surtout les personnes issues des pays d’Afrique noire et les demandeurs d’emploi de confession musulmane. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le guichet anti-discrimination à l’embauche d’Actiris en Région bruxelloise a déjà enregistré 40 dossiers durant les six premiers mois de cette année. Un chiffre qui traduit une certaine constance. L’an dernier, l’Office Régional Bruxellois de l’Emploi en a totalisé 72. En 2013, c'était 86 en 2013, et 100 en 2012.

Ce bureau situé au boulevard d’Anvers numéro 26 est le point d’accueil des demandeurs d’emploi qui déclarent subir une discrimination lorsqu’ils sont à la recherche d’un travail. Une discrimination qui peut être basée sur la race, la religion, le handicap, mais aussi l’orientation sexuelle.

Sur place, les victimes peuvent trouver une écoute et une aide pour trouver un emploi dans un contexte plus sain. "L’objectif est de trouver une solution constructive qui aide le chercheur d’emploi dans sa recherche, explique Francine Devriese, la responsable du guichet. Le tout de manière sereine. Car une victime, souvent, ne pense qu’au préjudice qu’elle a subi."

"Des actions en justice sont également possibles. À ce moment-là, nous nous tournons vers nos partenaires." Lesquels ? Le Centre interfédéral pour l’Égalité des Chances et l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes qui peuvent à tout moment ouvrir un dossier, pour autant que des preuves puissent être fournies.

"Le racisme, l’origine et l’origine sociale"

Mais le guichet privilégie d’abord la médiation entre l’employeur et le candidat à l’embauche. "Il est peut-être possible de négocier, ajoute Francine Devriese. C’est-à-dire rentrer dans une logique de management de la diversité en rentrant en contact avec les ressources humaines de la société concernée afin de voir si par rapport à la procédure lancée, il n’y a pas moyen d’éclaircir le problème. Si on peut dénouer le préjugé et le stéréotype à la base – ou dans le cadre d’un handicap, envisager un aménagement du poste de travail -, on va le privilégier, cela va de soi."

Pour Francine Devriese, dans une ville-région dont 75% des habitants sont d’origine étrangère, les principaux critères de discrimination restent "le racisme, l’origine et l’origine sociale". Le racisme frappe surtout les personnes issues des pays d’Afrique noire et les demandeurs d’emploi de confession musulmane.

En ce qui concerne l’origine, "cela peut être des personnes d’une certaine nationalité, qui ont obtenu l’asile suite à une guerre et qui rencontrent ici en Belgique des problèmes encore suite à ces anciennes rivalités entre communautés dans le pays d’origine. Cela leur cause des préjudices même des décennies après. Exemple : des personnes issues des pays des Balkans." Pour l’origine sociale, on se situe davantage sur le registre de la classe sociale.

En Région bruxelloise, selon des chiffres d’Actiris, 58% de la population active belge travaille. Un taux qui tombe à 38% pour les Bruxellois non-européens.

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