Directeur du CHU de Mont-Godinne: "Le personnel est en train de subir une triple vague"

Il y a désormais 6823 patients hospitalisés pour le Covid-19 dans les hôpitaux belges, dont 1302 sont en soins intensifs. Il s'agit d'un record de lits occupés, un chiffre qui dépasse le pic de la première vague en mars-avril dernier. Comment les directeurs d'hôpitaux réagissent-ils face à cette situation? 

"Le personnel est en train de subir une triple vague", explique Benoît Rondelet, directeur du CHU de Mont-Godinne à la Première. "La première vague, c'est la répercussion psychologique, post-traumatique de la première vague. La deuxième vague, c'est qu'on était inondé par des patients extrêmement lourds dont les diagnostics ou les traitements avaient été retardés dans la première partie de 2020. Et la troisième vague, c'est cette vague de virus."


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Sylvianne Portugaels, directrice générale du CHR La Citadelle à Liège explique que les lits destinés aux patients atteintes du covid arrivent à saturation: "S'il nous reste des lits non Covid, c'est là que la question va se poser. Que fait-on ? Est-ce qu'on met un patient Covid dans un lit non Covid ? Et si un accidenté de la route arrive ou quelqu'un qui n'est pas Covid mais qui a besoin de soins intensifs arrive à l'hôpital et qu'il n'y a plus de disponibilité."

Transferts entre hôpitaux

Les transferts entre hôpitaux constituent une alternative pour faire face au manque de lits pour les patients atteints du covid. Les hôpitaux belges ont procédé au transfert de plus de 700 patients souffrant du nouveau coronavirus, ressort-il des dernières données publiées par le SPF Santé publique lundi.

C’est la province de Flandre orientale qui a accueilli le plus de patients depuis le 1er octobre, avec 132 malades transférés vers un hôpital de cette région. La province d’Anvers et les 19 communes de Bruxelles en ont accueilli une nonantaine. L’Allemagne a, elle, accueilli 13 patients.


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Sylvianne Portugaels explique la procédure : "Les transferts, ce sont des personnes qui arrivent aux urgences, et dès que les urgences s'aperçoivent qu'elles ont besoin de soins intensifs, c'est à partir des urgences qu'elles partiront dans un autre hôpital. Ou alors c'est une personne qui est en salle banalisée et qui ne rentre pas dans les soins intensifs qui va partir dans un autre hôpital dans les soins intensifs. Ça se fait sans discussion, c'est-à-dire qu'une décision médicale est prise et le transfert est organisé."

15 % du personnel malade

Dans son hôpital, le CHU de Mont-Godinne près de Namur, Benoît Rondelet constate que 15% du personnel est malade: "Donc non, nous n'avons pas le personnel, non nous n'avons pas les forces vives, et pour le faire, tous les jours on doit réfléchir et trouver des solutions qui sont inventives, et tous les jours on réinvente l'hôpital pour essayer de venir avec un jeu de Tetris respecter les impératifs du plan sanitaire."

Même si la situation est sérieuse, le directeur du CHU souhaite nuancer: "Dans les 15 jours qui arrivent, on espère pouvoir contrôler la situation. [...] Je pense qu'on va pouvoir faire face à la situation de façon organisée, mais pas dans les conditions dans lesquelles on travaille habituellement. C'est-à-dire que nous ne pouvons pas venir mettre la cerise sur le gâteau dans les traitements et on travaille en mode dégradé."

Reportage au CHU de Mont-Godinne dans notre JT du 04/11/2020

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