Dioxyde de titane: Test-Achats demande son interdiction, comme en France

Dioxyde de titane: un additif controversé. La France le supprime des aliments... pas la Belgique
Dioxyde de titane: un additif controversé. La France le supprime des aliments... pas la Belgique - © Pixabay

Le dioxyde de titane, un nom un peu barbare, celui d'un additif, le E171, bientôt interdit en France. Il se retrouve dans les bonbons, le dentifrice, la crème solaire...

C'est ce produit qui leur donne un blanc éclatant... mais le dioxyde de titane est potentiellement cancérogène. Dès le 1er janvier prochain, la France le supprime des aliments, dans un premier temps.

En Belgique, pas d'interdiction

La Belgique suit l'avis de l'Union européenne. Et pour l'Europe, pas besoin d'interdire le dioxyde de titane. Pour l'instant, les études ne prouvent pas sa dangerosité. De son côté, Test Achats est monté au créneau, plaidant pour une interdiction du E171. « Selon la législation européenne, un additif alimentaire ne peut être autorisé que si son utilisation est sûre, justifiée sur le plan technologique et si elle n’induit pas en erreur, mais au contraire, procure des avantages », explique l'organisme dans un communiqué. Pour Test Achats, il n'y a pas de « besoin technologique justifiant l’utilisation du E171 », et pour cause : « de nombreux fabricants de produits alimentaires sur le marché français sont en train ou ont déjà supprimé l’E171 de leurs produits ». L'association estime que l'additif n'est utilisé qu'à des fins esthétiques.

Au sein de la communauté scientifique, il n'y a pas de consensus sur le dioxyde de titane. Mais plusieurs études préliminaires montrent d'éventuels risques pour la santé, des effets cancérogènes. La France se base sur ces études, nos voisins appliquent le principe de précaution. Trop vite pour Dominique Lison, professeur de toxicologie à l'UCL, qui tempère : "Dans les aliments, le dioxyde de titane n'a aucun intérêt nutritionnel, c'est vrai. On pourrait dire qu'on le supprime, oui... Mais par quoi va-t-on remplacer cet additif? Le substitut sera-t-il moins dangereux? Il est fort probable que le dioxyde soit remplacé par une substance encore moins étudiée par la communauté scientifique. C'est un risque."

Pour Dominique Lison, il faut mener plus d'études. Elles viendraient confirmer ou infirmer les premières... et permettre finalement de prendre une décision. Mais cela prend beaucoup de temps, plusieurs années, cela coûte cher aussi.

Les nanoparticules en question

Le dioxyde de titane contient des nanoparticules, des particules invisibles à l’œil nu, pas plus grande qu'un virus. Nous les ingurgitons, elles peuvent traverser les parois de nos cellules. Le problème, c'est que leurs effets sont encore méconnus. C'est aussi pour cette raison que les associations en France ont milité pour l'interdiction du dioxyde de titane 

Test-Achats estime que les nanoparticules ne devraient pas être utilisées si leur sécurité n'est pas assurée. L'association de défense des consommateurs demande elle aussi plus d'études, un meilleur étiquetage également, pour mieux informer le consommateur. « La mention 'nano' devrait obligatoirement apparaître sur l’emballage de tous les produits qui contiennent des nanoparticules », affirme l'association.

 

Archives: Journal télévisé 25/09/2010

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