Diminution de la vitesse sur les routes: un débat toujours plus vif

Ce jeudi, le Salon de l’automobile de Bruxelles ouvre ses portes pour les professionnels. Vendredi, ce sera au tour du grand public.

Pourtant, selon Thierry Willemarck, président du Touring Club de Belgique, il n'est pas bon d'être automobiliste en Belgique à l'heure actuelle pour plusieurs raisons.

Le débat sur la vitesse déjà. La Flandre est passée à 70 km/h sur le réseau secondaire, la France va passer à 80 km/h. L'avenir aussi pour les routes wallonnes?

"D’abord, peut-être une correction du côté de la Flandre parce qu’il y a davantage de densité de population, et donc il y avait un nombre plus important de routes sur lesquelles il fallait mettre une restriction à 70 km/h, mais vous avez toujours des routes en Flandre où on roule à 90 km/h. Mais il y a moins de panneaux de signalisation à mettre 90 que 70. Ça, c’est un premier constat. En Wallonie, la densité est moins grande, les distances entre villages ou villes sont plus importantes, et donc la densité du trafic aussi sur les routes est moins importante et permet dès lors de garder ce 90 km/h. Dans le débat français, deux tiers de la population française sont opposés à cette mesure qui vient d’entrer en vigueur de 80 km/he au lieu de 90 km/h. On va là avoir un problème parce que c’est ce genre de mesures qui sont prises, et si elles ne sont pas soutenues par la population, vous incitent à faire des infractions."

La prévention routière est pour

Mais les professionnels de santé et les associations de prévention routière, donc ceux qui font face à ces accidents, sont pour ce type de mesures.

"C’est basé sur des études qui mathématiquement ne tiennent pas la route. Soi-disant que 1 % de diminution de la vitesse fait 3 % d’accidents en moins. Ce qui est fondamental, c’est la vitesse relative, et donc quand vous arrivez à des carrefours et autre, la physique c’est toujours une masse qui rencontre une autre. Et c’est pour ça que devant les écoles, on dit 30 km/h au lieu de 50 parce qu’à 30 km/h, vous avez 80 % de chances d’être rescapé d’un accident avec une automobile, à 50 il y a 80 % de chances que vous y restiez", ajoute-t-il.

François Bellot, le ministre de la Mobilité, propose de réduire la vitesse autorisée sur les autoroutes quand il y a des conditions de circulation difficiles comme la pluie et le verglas en passer, par exemple, de 120 à 90.

"Je pense que quand vous regardez le comportement des gens sur l’autoroute lors de fortes pluies, il y a déjà une tendance naturelle de tout le monde à rouler plus lentement. On voit moins bien, on voit les distances entre voitures s’agrandir, donc je pense que les automobilistes belges mettent naturellement déjà cela en pratique. En France, vous avez du 130, mais quand il pleut c’est du 110, c’est du bon sens tout cela cela. Souvent, du côté politique, on aime bien rajouter des règles, mais dans les faits, les gens se comportent déjà de la sorte."

Parité essence/diesel

"Je crois que c’est une bonne nouvelle que les carburants soient taxés de la même façon. Pendant des années, on a soutenu le diesel parce qu’indirectement on pensait au monde du transport et autre. Aujourd’hui, on se dit " le transport, il y a beaucoup de compagnies de l’Europe de l’Est qui font concurrence aux nôtres, donc pourquoi encore aller faire une distinction là ? 

Et puis, il y a les particules fines, "tout comme il y a des filtres et tout comme il y a des normes, Euro 1 jusqu’à Euro 6. Si vous prenez une voiture diesel Euro 6 aujourd’hui, elle n’émet pas de particules fines en nombre important."

L'hybride, l'avenir?

"Je pense que l’hybride est une technologie de transition. Il faut comprendre que quand vous êtes constructeur automobile et que vous développez un nouveau moteur, vous faites des investissements colossaux, et donc il y a des périodes d’amortissement de ces investissements qui sont faits. Et l’hybride permet de continuer à utiliser des moteurs thermiques d’une part et de malgré tout améliorer votre performance d’émissions grâce à cette partie électrique qui est adjointe." 

"Maintenant, pour les grandes distances, c’est une hérésie parce que vous transportez un moteur électrique et 300 kilos de batteries qui ne vont pas vous aider beaucoup pendant la longue distance. Mais si la majorité de vos transports sont des navettes, c’est un bon choix. L’hydrogène est un futur évident, mais il y a déjà des modèles qui sont sur le marché, pas en Belgique, mais la Toyota Mirai a par exemple été vendue à plus de 50 000 exemplaires l’année passée. C’est un modèle à hydrogène. La difficulté à laquelle on fait face est le stockage de l’hydrogène, c’est un gaz très fin, c’est la plus petite molécule, donc les fuites peuvent conduire à de graves conséquences."

"Mais je pense que demain l’hydrogène est l’énergie alternative d’éoliennes qui permettent de produire de l’hydrogène et éventuellement, comme certains constructeurs l’étudient, de transformer cet hydrogène avec le CO2 en gaz méthane que l’on réinjecte dans le gaz naturel."

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