Diesel: un rapport pointe la "grande complaisance des décideurs politiques face au lobby automobile"

Diesel: un rapport pointe la "grande complaisance des décideurs politiques face au lobby automobile"
Diesel: un rapport pointe la "grande complaisance des décideurs politiques face au lobby automobile" - © Osvaldo Gago

"Diesel : the true (dirty) story." En ce deuxième anniversaire du dieselgate, une étude qui montre que les voitures diesel émettent 3,65 tonnes de CO2 de plus sur l’ensemble du cycle de vie du véhicule.

Empêtrés dans le scandale dit du "dieselgate", les constructeurs automobiles qui ont parié sur ce type de motorisation continuent à marteler qu’il est plus efficace que l’essence dans la lutte contre le réchauffement climatique, car il émet moins de dioxyde de carbone (CO2). C’est faux, rétorque une étude réalisée par l’ONG européenne "Transport & Environment" (T&E) et dont Le Monde publie les résultats en avant-première.

"Sur l’ensemble du cycle de vie, les voitures diesel émettent 3,65 tonnes de CO2 de plus que leurs équivalentes essence", conclut cette étude.

Le calcul de T&E intègre tout à la fois les émissions correspondant à la circulation du véhicule, sa durée de vie, la fabrication de son moteur, la teneur en biocarburant. Ainsi, en se fondant notamment sur les données de la Commission européenne et des constructeurs, ces spécialistes estiment qu’en moyenne un modèle diesel émet un total de 42,65 tonnes de CO2 contre 39 tonnes pour un véhicule à essence équivalent.

La grande complaisance des décideurs politiques face au lobby automobile est à la base de ce scandale sanitaire, rappelle aussi T&E, qui pointe le laxisme de la législation européenne (tant en matière de normes d’émissions que de surveillance de leur bonne application). Associée à des régimes fiscaux favorables au diesel, elle a permis à cette filière de se développer sans égards pour l’environnement et la santé. Avec des effets amplifiés par d’autres dispositions législatives. Ainsi, l’incorporation d’agrodiesel (dont le bilan social et environnemental est désastreux) rend aujourd’hui la filière diesel plus émettrice de CO2 que la filière essence, selon T&E.

La vraie solution : limiter le parc automobile

Mais l’essence n’est malheureusement pas en reste, rappelle Inter Environnement Wallonie en commentaire de ce rapport, qui déplore que "les normes actuelles permettent aux moteurs à essence à injection directe d’émettre dix fois plus de particules très fines que les moteurs diesel".

"L’histoire sale du diesel est l’histoire de notre addiction à l’automobile, exprime IEW. L’histoire du laxisme politique face au lobby des constructeurs, l’histoire d’une dérive vers des voitures toujours plus lourdes et plus puissantes. Donc plus dangereuses, consommant plus d’énergie et plus polluantes. L’histoire, aussi, de la survalorisation des 'solutions' technologiques – dont les agrocarburants constituent le pathétique emblème."

Pour Inter Environnement Wallonie, la véritable solution aux nombreux problèmes posés par le système automobile actuel réside dans la modération : limitation du parc automobile, du nombre de kilomètres roulés, de la taille, du poids et de la puissance des voitures et sortie de la dépendance aux énergies sales.

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