Diamants à Anvers : Tiffany ferme son atelier de taille

Une élève du Stedelijk Lyceum Meir d'Anvers
Une élève du Stedelijk Lyceum Meir d'Anvers - © Tous droits réservés

À Anvers, l’entreprise Laurelton, filière de Tiffany, a décidé de fermer son atelier de taille de diamants. La direction justifie sa décision par plusieurs arguments dont le coût du travail, la législation de certains pays producteurs, mais aussi le manque de main d’œuvre qualifiée.

L'entreprise Laurelton a lancé la procédure Renault pour les 30 employés de son atelier de taille. Les syndicats sont en train de négocier la dernière phase d'information. Selon Yves Toutenel du syndicat ACV Transcom Diamant, 27 emplois sur 30 sont menacés.

Relocalisation

L'atelier de taille anversois pourrait être relocalisé. Il existe cinq options différentes : aux États-Unis, au Vietnam, au Cambodge, en Mauritanie ou encore au Botswana. Et ce dernier pays est un choix stratégique. Au Botswana, une loi oblige les entreprises à traiter les diamants locaux dans le pays même.

Manque de main d'oeuvre qualifiée

La direction de Laurelton invoque aussi l'argument du manque de main d'oeuvre qualifiée. Cela peut surprendre losqu'on connait la réputation d'Anvers. La ville abrite le Stedelijk Lyceum Meir, la seule école secondaire d’Europe à proposer une formation en taille de diamants. En ce moment, répartis de la 3e année à la 7e, 25 élèves suivent cette formation.

Pour Lydia Segers, coordinatrice, la main d’œuvre existe à Anvers, mais il manque des entreprises au sein desquelles les élèves peuvent poursuivre leur apprentissage : " Pour être vraiment un bon tailleur, l’éducation doit se poursuivre encore au moins 5 ans dans une entreprise " reconnait-elle.

Et c'est là que le bât blesse. Des entreprises de taille de pierres, il en existe une quarantaine à Anvers pour quelques 400 tailleurs. Beaucoup d'entreprises donc, mais de petite taille. Yves Bollekens, conseiller pour le fonds de l’industrie du diamant : " Il y a beaucoup de petites firmes avec 3-4 tailleurs donc, pour eux, c'est assez difficile de prendre en charge un jeune " explique-t-il.

Anvers : plaque tournante du diamant

Ceci étant dit, pour les spécialistes du secteur, tant que le centre commercial du diamant restera à Anvers, il y aura toujours des tailleurs de pierres. Selon Melissa Smet, directrice du syndicat de l'industrie diamantaire belge, environ 84% des diamants bruts passent par Anvers.

L'année passée, le secteur du diamant a rapporté 37 milliards d'euros et le marché des pierres taillées près de 18 milliards selon des chiffres de l'ONG Justice et Paix.

Même si la taille de petites pierres migre vers d'autres pays, les tailleurs anversois garderont une position dominante dans une niche bien précise : celle des grandes pierres et des pierres difficiles.

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