Diabète: "Il n'y a pas de raison de ne pas accueillir un enfant diabétique de type 1 dans une école"

Selon la Fédération internationale du diabète, cette maladie chronique touche 425 millions de personnes dans le monde. Un excès permanent de sucre dans le sang, lié à l’insuffisance d’insuline sécrétée par le pancréas, qui concerne une part de plus en plus importante de la population.

Pour la journée internationale du diabète ce mercredi 14 novembre, Martin Buysschaert, président de l’Association belge du diabète et professeur émérite à l’UCL, revenait dans Matin Première sur les différents types de diabète. "Ce sont deux maladies totalement différentes, explique-t-il. Le diabète de type 1 est une maladie qui est liée à la destruction totale des cellules du pancréas qui produisent de l’insuline, donc on est vraiment insulino-déficient. Le diabète de type 2 est une maladie qui est davantage métabolique, davantage liée à l’obésité et à la surcharge de poids, et là il continue à y avoir une production permanente d’insuline.

Il y a un terrain héréditaire qui intervient dans le diabète de type 1

Au niveau planétaire, le diabète de type 1, mais aussi de type 2, est plus fréquent chez les enfants en bas âge et les adolescents. "C’est planétaire, c’est partout, note Martin Buysschaert. En fait, il y a de plus en plus de jeunes — enfants, adolescents — qui sont en surpoids et qui, pour des raisons environnementales, développent un vrai diabète de type 2. Donc, pour un jeune qui devient diabétique aujourd'hui, on doit se poser la question : est-ce que c’est réellement un diabète de type 1, insulinodépendant, qui justifie immédiatement un traitement à l’insuline ou est-ce que c’est éventuellement un diabète de type 2, qui justifie davantage des mesures hygiéno-diététiques."

En revanche, selon le chercheur, il est difficile de comprendre l'origine du diabète de type 1. "Il y a un terrain héréditaire qui intervient, ça, c’est certain, remarque Martin Buysschaert. Ce qui se passe, c’est probablement qu’à l’occasion d’un événement intercurrent, ça peut être une infection virale — c’est une des hypothèses — ça peut être un facteur alimentaire... La carence en vitamine D a également été impliquée."

Un "excès" d'hygiène?

Le chercheur explique que lors d'un phénomène intercurrent, des anticorps vont attaquer les cellules du pancréas qui produisent de l'insuline et les détruire. "C’est une triade : il faut un terrain héréditaire, génétique, il faut un facteur déclenchant, et une infection virale en est le modèle, et puis il y a cette occasion-là où se développent ces anticorps destructeurs des cellules", conclut Martin Buyscchaert.

L'origine du diabète de type 1 pourrait aussi venir d'un "excès" d'hygiène. "C'est un peu paradoxal, remarque Martin Buysschaert. Cela aboutirait à un manque de capacité de réaction immunitaire, ajoute le chercheur, qui précise qu'il ne s'agit que d'une hypothèse. On a un excès de zèle, on ne développe plus un certain nombre d’infections, qui sont en régression, comme la tuberculose, et ce fait-là amènerait une moindre capacité immunitaire de ces personnes qui bénéficient d’une trop bonne hygiène."

Les personnes diabétiques de type 1 "n'entraîneraient alors pas assez" leur système immunitaire. Mais la vraie question réside dans l'accueil dans la société des enfants victimes de cette maladie. Récemment, un enfant a dû changer d'école parce qu’il ne pouvait pas être pris en charge. "Ça arrive malheureusement encore. Je pense que c’est le rôle d’une association comme l’Association belge du diabète de vraiment prendre position, d’aller au combat lorsqu’il y a des mesures aussi discriminatoires, affirme Martin Buysschaert. Il n’y a pas de raison de ne pas accueillir un enfant qui a un diabète de type 1 dans une école."

On peut éviter le diabète de type 2 par une activité physique régulière

Concernant le diabète de type 2, qui représente 90% des personnes atteintes de la maladie, Martin Buysschaert rappelle qu'il est "métabolique". "C'est le facteur d’environnement qui est le plus coupable, explique le professeur. Les mesures hygiéno-diététiques qui sont inadéquates et la sédentarité amènent progressivement au gain pondéral, amènent progressivement à l’obésité."

Martin Buysschaert précise qu'il faut tout de même un terrain héréditaire, même si l'obésité augmente le risque. "Quand vous êtes en surcharge de poids, vous développez une résistance à votre propre insuline, et c’est ça qui fait le diabète de type 2, explique le professeur. On peut éviter le diabète de type 2 par des mesures hygiéno-diététiques simples, par une activité physique régulière."

Le dépistage du diabète est particulièrement facile, surtout lorsque les symptômes sont présents, même si "dans une majorité de cas de diabète de type 2, il n’y a pas de symptômes, la maladie est silencieuse", explique Martin Buysschaert. Le dépistage se fait grâce à une goutte de sang prélevée sur le doigt, qui peut servir à dépister un "prédiabète" chez des personnes qui ont des facteurs de risque. "Le prédiabète est totalement réversible", rassure Martin Buysschaert.

Sujet du JT de la mi-journée sur le diabète chez les enfants:

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