Devenir prof à 50 ans, reconversion nécessaire après la crise

Martine Bouchat, jeune prof de 50 ans
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Martine Bouchat, jeune prof de 50 ans - © RTBF

Martine Bouchat est une toute jeune institutrice. Pourtant, elle aura bientôt 50 ans. Après avoir repris des études, elle a décroché en septembre une classe de deuxième primaire à l'école communale de Temploux. Une reconversion réussie qui était devenue indispensable à cause de la crise. L'enseignement attire de plus en plus d'adultes en quête de stabilité.

À presque 50 ans, Martine Bouchat vient de faire sa première rentrée comme institutrice. Son âge, elle le voit plutôt comme un atout. Son expérience de vie et de maman l'aident au quotidien : "C’est vrai que l’âge faisant, on ose plus, on se laisse moins démonter. On a un peu plus de prestance et un peu plus d’autorité, du moins on le suppose", nous confie-t-elle.

La crise comme déclic

La carrière d'enseignante, Martine y pensait déjà il y a 30 ans, avant de changer d'avis et de se lancer dans la vie professionnelle. Elle a été caissière et vendeuse en Belgique, a ensuite vécu 10 ans en Espagne où se trouvent encore ses deux fils et son petit-fils. Là-bas, elle a travaillé dans un domaine viticole, elle est devenue restauratrice de meubles, puis les difficultés sont arrivées.

"La crise faisant a fait que tout ce qui était travail, je veux dire rendement, etc. a fortement diminué. De fait, c’était vraiment vivre au quotidien avec un grand point d’interrogation. Et j’ai donc opté pour un changement de cap", explique Martine.

Reprendre les cours

Un changement de cap qu'elle a effectué à la Haute école Albert Jacquard à Namur. Trois ans d'étude pendant lesquels elle a conservé ses allocations de chômage, car le métier est en pénurie. Sans cela, jamais elle n'aurait pu reprendre ces études d'institutrice.

D'autres ont choisi de suivre ces études en cours du soir, une nouveauté en Belgique francophone. Dans la Haute École Léonard de Vinci à Louvain-la-Neuve, 75 personnes se sont inscrites dans ce tout nouveau cursus à horaire décalé. Les avantages sont nombreux pour les étudiants qui ont déjà un emploi, ou qui sont au chômage, mais veulent trouver un job pendant leurs études.

Horaires décalés pendant 4 ans

Le programme officiel est étalé sur quatre ans. Deux soirs par semaine de 18 à 21h, le samedi pendant six heures et plusieurs jours par an à dégager pour les stages. Moyenne d'âge des étudiants, 35 ans. Jean-François, comédien, en a 46. Reprendre des études d'instituteur, c'était miser sur la stabilité de l'emploi, mais ses motivations sont surtout plus profondes.

"J’ai envie de m’inscrire dans la société d’une autre manière. En tant qu’artiste je le pouvais, puis comme visiblement on ne veut plus trop des artistes maintenant, je me suis dit que travailler avec les enfants, enseigner, transmettre des savoirs, des valeurs, des expériences, du plaisir, c’était une façon très noble d’exister dans la société d’aujourd’hui", précise-t-il.

Avant d'y arriver, il faudra encore étudier et travailler pendant quatre longues années. Avec, au bout du chemin, on l'espère, une nouvelle vie, plus épanouie.

Sarah Heinderyckx

Ci-dessous, retrouvez notre reportage en vidéo

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