Devenir échevin par tirage au sort? Une façon de réenchanter la démocratie locale?

Et si vous étiez tiré au sort aux prochaines élections communales ? 
Et si vous, vous deveniez conseiller communal, échevin, voire…bourgmestre ?
Utopique, c’est ça que vous vous dites ? Pas pour les membres de l'initiative de "La voix est libre"

"Pour l'instant, il y a des listes avec des noms, des personnes, des images. On voudrait, à côté de ces listes, qu'il existe une case tirage au sort", explique Annick Filot, membre de "La voix est libre". 

Cette case tirage au sort permettrait d’envoyer au conseil communal n’importe quel citoyen de plus de 18 ans. Enfin…s'il l'accepte. Serions-nous tous capables de siéger ?

"C'est une croyance fondamentale que nous avons : tout citoyen est capable de réfléchir de débattre, et de décider ensemble pour le bien commun. C'est une valeur fondamentale pour nous!", s'empresse de répondre Annick Filot. Tout cela moyennant les conseils d’experts et un entourage avisé.

Faire face au désenchantement démocratique

"La voix est libre" est né d'un constat simple, celui "partagé par beaucoup de Belges aujourd'hui, le désenchantement du public vis-à-vis de la chose politique", précise Olivier Hauglustaine, membre de l'initiative et déjà connu pour avoir lancé le mook 24H01 il y a quelques années.

Ce désenchantement serait lié au fonctionnement de notre démocratie. Notre système électoral ne serait plus adapté, par rapport à 1789, époque de sa création. Il faudrait donc changer le mode d'accession au pouvoir car notre société a largement évolué.

Olivier Hauglustaine argumente : "La communication s'est largement démocratisée, l'éducation est démocratisée, on a du temps libre, on est capable de réfléchir et on est convaincu que le citoyen peut en étant conseillé, en étant accompagné, prendre des décisions pour le bien-être commun."

Du coup, "La Voix est Libre" propose de passer par le tirage au sort (à l'image de David Van Reybrouck). Un sacré pari alors que le désintérêt pour la chose politique semble de plus en plus prononcé.

Annick Filot ne baisse pas pavillon, elle reste optimiste quant à l'engagement des citoyens : "Plus on va les impliquer, plus - on est convaincu - ils vont prendre les choses à cœur, ils se sentiront responsables, ils vont sentir un effet de leurs décisions prises en commun sur leur vie dans la cité".

Pour ces citoyens, l’objectif serait d’avoir une part de tirage au sort en 2024. Ce qui laisse six ans pour franchir un gros obstacle : changer l’article 162 de la constitution qui consacre le principe de l’élection directe.

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