Développés trop rapidement, modification d’ADN… Les réponses de la Task force vaccination à ceux qui craignent les vaccins anti-coronavirus

Après quelques ratés au démarrage, la campagne de vaccination avance désormais à bon rythme. Les personnes convoquées se rendent en masse dans les centres pour se faire injecter l’un des quatre vaccins disponibles dans notre pays.

Mais est-ce que toutes les personnes appelées répondent à cette convocation ? Bien évidemment que non. Comme diraient Goscinny et Uderzo, un groupe d’irréductibles Gaulois (ou de personnes qui refusent d'être vaccinée dans ce cas-ci) résiste à l’envahisseur.

Sans jugement, nous avons contacté certains d’entre eux pour comprendre leur point de vue et entendre leurs réticences. Après avoir recueilli leurs arguments, nous avons demandé à la task force vaccination et à Sabine Stordeur, sa coresponsable de répondre à ces affirmations.

"Quid des effets sur le long terme ?"

Première personne questionnée, Nicolas, un quarantenaire Mouscronnois qui ne compte pas se rendre au centre de vaccination de sa ville. "Je n’ai pas envie de me faire vacciner parce que j’ai peur des effets à long terme. Le gouvernement nous incite à nous faire inoculer ce vaccin sans savoir quels seront les effets sur notre santé d’ici quelques mois ou quelques années."

Cette inquiétude sur la santé est légitime et peut bien évidemment être comprise, mais qu’en pense alors la task force ?

"Un vaccin, comme tout autre médicament, n’est approuvé que si son efficacité, sa qualité et sa sécurité ont été suffisamment démontrées. Il n’existe pas de processus aussi strict pour les autres produits qui font pourtant partie de notre consommation courante. […] Pour un vaccin contre le coronavirus, le nombre de personnes qui ont participé aux essais cliniques est beaucoup plus important que pour la plupart des autres vaccins, entre 30.000 et 60.000 personnes. Grâce à ces études, nous pouvons voir quels en sont les effets secondaires éventuels. La plupart des effets secondaires apparaissent dans les six semaines suivant la vaccination. Ceux-ci sont alors pris en compte lors des essais cliniques."

"Sortir un vaccin si vite ? C’est louche…"

Leslie a quant à elle 45 ans et habite du côté d’Arlon. Si les effets à long terme l’inquiètent également, c’est surtout la vitesse à laquelle le vaccin est sorti qui l’angoisse. "Je ne me sens pas en confiance par rapport à la vitesse à laquelle ce vaccin a été conçu et déployé. D’habitude, on entend qu’il faut des dizaines d’années pour qu’un vaccin soit conçu et ici en moins d’un an on nous en sort un, ça n’instaure pas confiance."


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Mais pour les experts, c’est une question de rationalisation des moyens. "Si le vaccin peut être développé aussi rapidement, c’est parce que tous les acteurs concernés dans le monde (producteurs, chercheurs et gouvernements) lui ont conjointement accordé leur totale priorité. Le développement et l’approbation des vaccins ont dès lors été mis au rang de priorité numéro 1 à tous les niveaux en raison de l’urgence de santé publique, ce qui explique la rapidité."

Dans un but de clarté et de compréhension du processus de développement par tous, la task force nous a expliqué les 5 étapes nécessaires :

  1. "Dans une première phase, le développeur soumet son vaccin à des tests rigoureux. C’est là que la qualité du vaccin est contrôlée, plus précisément sa pureté, ses ingrédients et son processus de production.
  2. Une évaluation scientifique est ensuite réalisée par les autorités de régulation. Il s’agit de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et d’autres régulateurs dans les pays de l’UE/EEE.
  3. Ensuite, l’efficacité du vaccin est testée par le développeur. Cela se fait au moyen de recherches en laboratoire.
  4. Si tout se passe comme prévu, les vaccins sont testés sur des personnes volontaires. Cette étape se déroule en 3 phases d’essais cliniques, avec un nombre de participants toujours croissant. Ce programme d’essais doit être réalisé conformément aux procédures et protocoles établis par les autorités de régulation. Il est également approuvé dans chaque cas par une Commission d’éthique médicale.
  5. À la fin du programme d’essai, le développeur soumet les résultats à l’Agence européenne des médicaments (EMA). Au final, l’approbation ne sera accordée que si l’EMA reçoit des preuves scientifiques solides que les avantages des vaccins l’emportent sur les risques."

"J’ai déjà eu le covid"

Pas encore vraiment concernés par la vaccination puisque la priorité est actuellement donnée aux aînées, les jeunes savent toutefois déjà si oui, ou non ils iront se faire injecter une dose. Pour Grégoire, c’est clair que ce sera non. "Je ne vois pas l’intérêt de me faire vacciner alors que je suis dans la vingtaine, en pleine forme. De plus, j’ai eu le Covid de manière asymptomatique mais j’ai donc des anticorps qui devraient donc en faire en sorte que je ne l’attraperai pas à nouveau."

Mais selon le groupe d’experts, ça serait une fausse bonne idée. "L’infection par Covid-19 peut également être dangereuse pour ceux qui ne font pas partie d’un groupe à risque. Nous avons vu que même des jeunes en bonne santé peuvent tomber gravement malades. Parmi les personnes hospitalisées pour Covid-19, 6% appartiennent à la tranche d’âge 20-39 ans et 19% à la tranche d’âge 40-59 ans. […] Par ailleurs, l’infection au Covid-19 semble ne conférer qu’une protection temporaire, ce qui ralentit l’immunité de groupe et favorise la prolifération du virus, avec d’éventuels nouveaux variants à la clé."

"Pas touche à mon ADN"

Argument plus technique cette fois-ci, Nathalie n’est pas contre le fait de se rendre au centre de vaccination de Charleroi "mais seulement pour recevoir un vaccin AstraZeneca. J’ai lu que les vaccins à ARN (ndlr comme ceux de Pfizer ou de Moderna) étaient capables de modifier notre ADN et que ça pouvait ensuite provoquer des cancers. Je ne préfère pas prendre de risque quand j’entends ça."

Malheureusement pour elle, Nathalie n’aura pas le choix, les Belges se voient en effet attribuer un vaccin et ne peuvent pas en changer sauf raison médicale. Malgré tout, elle n’a pas à s’inquiéter puisque comme l’indique la task force, "les vaccins à ARNm sont administrés par voie intramusculaire et l’ARNm est absorbé par un certain nombre de cellules humaines. L’ARNm ne pénètre pas dans le noyau de la cellule et ne pourra donc pas entrer en contact avec l’ADN humain. L’ARNm est un code de lecture pour la production d’une protéine, la protéine S. La cellule humaine est capable de déchiffrer ce code et n’a pas besoin de l’intervention de son ADN pour le faire. Après décodage, la cellule humaine produira la protéine S, afin que le système immunitaire soit capable de produire des anticorps spécifiquement contre la protéine S. L’ARNm disparaît de l’organisme après quelques heures à peine."

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