Développement rapide, effets secondaires, micropuce, modification génétique : quatre arguments contre le vaccin anti-coronavirus décortiqués

Les campagnes de vaccination contre le Covid-19 ont débuté dans plusieurs pays, comme la Belgique. L’accès au vaccin étant libre, chacun a le droit d’accepter de se faire vacciner ou non. Parmi ceux qui ne souhaitent pas recevoir la ou les injections, quatre arguments sont souvent évoqués. Il y a notamment : la rapidité avec laquelle les nouveaux vaccins ont été développés, le risque d’effets secondaires, celui de se voir injecter une micropuce ou que son ADN soit modifié. Deux experts répondent à ces interrogations.

Selon des plans établis par chaque État, la population peut ou pourra se faire vacciner progressivement en fonction de critères comme l’âge, la profession ou l’état de santé. L’accès libre au vaccin permet à chaque citoyen de refuser de se faire vacciner et une partie de la population ne souhaite pas recevoir la ou les injections sans avoir à le justifier.

Certains citoyens ont refusé ou ont prévu de refuser la vaccination suite à des doutes nés parfois suite à des publications partagées sur les réseaux sociaux qui ne sont pas toujours exactes.


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L’équipe de #Investigation a rencontré Moncef Slaoui, professeur, chercheur en immunologie, et ancien coordinateur de la vaccination aux Etats-Unis, et Emmanuel André, microbiologiste et chercheur, qui ont accepté de répondre à certaines de ces interrogations ou craintes.

Comment le vaccin a-t-il pu être développé si vite ?

Pour certaines personnes qui ont l’intention de refuser de se faire vacciner, la crainte est de se voir administrer un produit qui a été développé "trop rapidement". Moncef Slaoui, explique comment un vaccin a pu être développé en un temps record :

"La recherche et développement d’abord a capitalisé sur deux décennies de recherches dans la vaccinologie en général, qui a permis de mettre au point des plateformes technologiques. C’est comme un lecteur de cassettes, on peut écouter de la musique classique et puis, dix secondes après, écouter de la pop ou du rock’n’roll en mettant une cassette différente, c’est toujours le même lecteur. En fait, les plateformes technologiques de vaccination, c’est la même plateforme et on met le gène du virus Covid-19 : on a un vaccin Covid-19, on met le gène de la grippe, on a un vaccin de la grippe. Nonante-neuf pour cent du vaccin, c’est la même chose. La plateforme : c’est ça qui nous a permis d’aller très vite."

Y a-t-il un risque d’effets secondaires ?

Le risque de contracter des effets secondaires est un autre argument avancé parfois pour refuser la vaccination. Emmanuel André explique que nous avons déjà un certain recul sur ces effets indésirables :

"Les effets secondaires à très court terme, c’est-à-dire dans les heures et les jours qui suivent la vaccination, ça, on les connaît bien. Dans les semaines qui suivent, on les connaît bien. Dans les mois qui suivent, on commence à bien les connaître. Et si la question, c’est de savoir ce que l’on sait sur les effets secondaires sur des années, on n’a pas le recul nécessaire pour le voir. Mais on sait aussi que la probabilité de développer des effets secondaires avec le temps est beaucoup plus importante dans les heures qui suivent et de moins en moins importante. Donc, elle devient infime cette probabilité quant à des effets secondaires à long terme."

Pourrait-on injecter des micropuces via le vaccin ?

Une théorie qui a été largement relayée sur les réseaux sociaux indique que l’injection du vaccin permettrait d’injecter des micropuces dans le corps des personnes vaccinées. Selon la théorie, ces puces permettraient de surveiller la population. Moncef Slaoui explique que la théorie ne tient pas la route scientifiquement :

"Les gens qui disent : 'On a mis un microchip (micropuce) dans le vaccin !'. Réfléchissez une seconde : un microchip, donc une puce. Mais il n’y a pas de puce qui est soluble. Soyons raisonnables. Comment est ce que cette puce aurait de l’énergie, par exemple ? Franchement, si quelqu’un peut trouver la solution à ça, j’aimerais bien parler à cette personne. "

Les vaccins à ARNm peuvent-ils modifier notre ADN ?

L’une des technologies utilisée pour développer les vaccins se base sur la technique de l’ARNm. Cette technique innovante permet d’envoyer une information au corps afin qu’il déclenche une réponse immunitaire. Mais, selon certaines théories répandues dans certains groupes présents sur les réseaux sociaux, cette technique pourrait modifier l’ADN de l’homme. Emmanuel André explique la technique et écarte le risque de modification génétique :

"Ce qui est contenu dans le vaccin ne permet pas de modifier un code génétique. Les vaccins ARN, ce sont des petits bouts de code génétique qui ne savent pas s’intégrer dans le noyau de nos cellules, qui savent simplement faire un petit détour à l’intérieur de la cellule pour pouvoir produire des protéines qui sont des protéines du virus qui vont être produites alors par nos cellules pour que notre système immunitaire puisse s’entraîner à les reconnaître. Donc, il n’y a aucun risque de modification du code génétique qui est toujours bien dans le noyau de nos cellules. A travers ces vaccins à ARN."

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