Deux Länder allemands contestent la prolongation de trois réacteurs à Doel et Tihange

Ils relèvent aussi que la Belgique ne leur a pas adressé l'étude d'impact sur l'environnement requise.
Ils relèvent aussi que la Belgique ne leur a pas adressé l'étude d'impact sur l'environnement requise. - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Deux Etats régionaux allemands, frontaliers avec la Belgique et inquiets des "répercussions" en cas d'incident nucléaire, ont annoncé mardi le dépôt d'une plainte auprès de l'UE et de l'ONU visant la prolongation jusqu'en 2025 de réacteurs dans deux centrales belges.

Les Etats (Länder) de Rhénanie du nord-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat ont annoncé dans deux communiqués séparés qu'ils allaient déposer une "plainte commune" contre les centrales nucléaires de Tihange et de Doel.

Initialement prévus pour une durée de vie de 40 ans, les réacteurs numéro un et deux de Doel ainsi que le réacteur 1 de Tihange devaient être arrêtés en 2015 mais ont finalement reçu leur certificat de prolongation pour rester en fonction jusqu'en 2025. La plainte sera déposée auprès de la Commission européenne à Bruxelles et du comité de l'ONU sur la convention d'Espoo (relative à l'évaluation de l'impact sur l'environnement dans un contexte transfrontalier, ndlr), basée à Genève.

Les deux Länder pointent la dimension "transfrontalière" de cette décision et estiment qu'elle a été prise sans les consulter. Ils relèvent aussi que la Belgique ne leur a pas adressé l'étude d'impact sur l'environnement requise. "Les implications d'un accident à Tihange et à Doel ne s'arrêteraient pas à la frontière", a déclaré la ministre de l'Energie de Rhénanie-Westphalie, Eveline Lemke.

Il s'agit "de vieux réacteurs controversés, dont la durée de vie a été prolongée (...) sans aucune consultation formelle des Etats voisins", a renchéri son homologue de Rhénanie du Nord-Westphalie, Johannes Remmel. Les deux Länder pourraient être touchés "de façon considérable" dans l'hypothèse d'un accident nucléaire, a-t-il dit, doutant "de la fiabilité" des réacteurs tout autant que de la conformité "aux droits européen et international" de leur prolongation.

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