Deux chauffeurs polonais décèdent dans un incendie à Wingene

L'incendie a également fait quatre blessés. Deux d'entre eux ont été transférés au centre des grands brûlés de Neder-over-Heembeek. Les deux autres ont été admis dans des hôpitaux de Gand et Bruges.

Les Polonais travaillaient pour une entreprise de transport du quartier et pouvaient passer la nuit dans le hangar.

L'origine de l'incendie est toujours inconnue. Le parquet est descendu sur les lieux.

L'Inspection du logement s'était vu refuser l'accès

Les conditions de vie des chauffeurs routiers polonais avaient déjà suscité des questions avant l'incendie qui a ravagé un hangar à Wingene. L'Inspection du logement avait été envoyée sur place, mais s'était vu refuser l'accès au bâtiment, confirme le bourgmestre de Wingene, Hendrik Verkest.

Selon le bourgmestre, le bâtiment consistait en une habitation et une vieille annexe servant d'atelier de menuiserie. Officiellement, une seule personne y était domiciliée, mais onze personnes, toutes polonaises, y habitaient en réalité. "La semaine dernière, l'Inspection du logement et un fonctionnaire communal ont été envoyés sur place, mais ils se sont vu refuser l'accès à l'immeuble", explique le bourgmestre.

John Crombez : la lutte contre les abus est nécessaire

Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude John Crombez a souligné, dimanche, combien il était nécessaire de revoir la législation sociale.

"Ce genre d'événements est dramatique mais cela témoigne de la nécessité de lutter contre les abus. Nous sommes occupés à adapter la législation. Nous avons essuyé quelques critiques, on nous a reproché d'être trop strict, mais ceci démontre que (ce que nous faisons) est plus que jamais nécessaire", a réagi John Crombez.

John Crombez souhaite revoir le modèle de responsabilité en cascade des entreprises en cas de fraude et s'attaquer au phénomène des faux indépendants. Le gouvernement a également annoncé une intensification de la lutte contre la concurrence déloyale.

UBOT : "Les chauffeurs vivent souvent dans des conditions lamentables"

Le syndicat socialiste du transport FGTB-UBOT n'est pas surpris des événements survenus à Wingene, où deux chauffeurs polonais ont perdu la vie dans l'incendie d'un hangar où ils dormaient. "Nous avons prévenu à de nombreuses reprises que ce genre de choses risquaient de se produire", a indiqué Frank Moreels, secrétaire fédéral de l'UBOT.

Sans vouloir s'exprimer sur ce cas individuel, le secrétaire fédéral indique n'être pas surpris. "Très régulièrement, les chauffeurs étrangers vivent dans notre pays dans des conditions difficiles, en ce qui concerne tant le confort que la sécurité", souligne le syndicaliste.

Ainsi, certaines entreprises de transport enferment leurs chauffeurs étrangers -Polonais, Slovaques, Roumains et autres Européens de l'est- pendant le week-end. "Les chauffeurs travaillent pendant la semaine, puis reviennent dans l'entreprise le week-end et doivent y rester. Ca coûte moins cher."

L'UBOT a déjà régulièrement dénoncé ces pratiques dans un livre noir, et cartographié les problèmes à l'Inspection sociale. "Ils font ce qu'ils peuvent, mais ils sont en sous-effectifs. Il s'agit souvent de dossiers difficiles qui doivent être traduits."

La CSC-Transcom déplore elle aussi les événements de dimanche matin et pointe la concurrence "mortelle, parfois même littéralement".

Febetra : "Il faut respecter les règles"

La Fédération belge des transporteurs et des prestataires de services logistiques (Febetra) insiste sur le fait que les règles existantes doivent être respectées. Elle réagit aux critiques des syndicats.

Selon la porte-parole de Febetra, qui ne souhaite pas se prononcer sur le cas particulier de Wingene, les situations d'exploitation et le non-respect des règles ne peuvent pas être tolérés.

Les règles dans le secteur (qu'il s'agit d'entreprises belges ou d'entreprises étrangères actives sur le marché belge) doivent être suivies", selon Febetra.

Avec Belga

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