Deux cas de peste porcine africaine identifiés à Etalle

L'épidémie pourrait avoir de lourdes conséquences pour la chasse au sanglier et les élevages porcins.
L'épidémie pourrait avoir de lourdes conséquences pour la chasse au sanglier et les élevages porcins. - © PASCAL LACHENAUD - AFP

Deux cas de peste porcine africaine sont avérés dans la région d’Etalle, en province de Luxembourg. L’information vient d’être confirmée par le ministre wallon de l’agriculture, René CollinL'AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité Alimentaire) et la Région wallonne se sont concertées, cet après-midi, pour établir les mesures à adopter. Ce virus n’est pas dangereux pour l’homme mais hautement contagieux pour les cochons et les sangliers. La lutte contre cette maladie ne constitue pas un enjeu de santé publique mais bien de santé animale et économique. 

Transmis entre autres par les sangliers, la peste porcine africaine est extrêmement contagieuse et donc difficilement contrôlable. "Ce virus peut se transmettre facilement d'un animal à l'autre soit par contacts étroits entre individus, soit par du matériel contaminé (matériel de transport, bottes, etc.) ou via des restes alimentaires porteurs du virus et abandonnés par l'homme", rappellent les instances compétentes, aux niveaux fédéral et régional. Les dernières contaminations en Europe pourraient d'ailleurs "être la conséquence d'introduction de restes de denrées alimentaires abandonnées par des voyageurs en provenance de zones infectées" plus à l'est de l'Europe. Cet été, plus de 100.000 porcs ont été abattus en Roumanie en raison d'une épidémie de peste porcine. Cette épidémie pourrait avoir de lourdes conséquences pour la chasse au sanglier, mais aussi pour les élevages en plein air, qui pourraient se voir confinés. L'élevage porcin belge comptait plus de 6 millions de porcs en 2017, c'est donc le deuxième élevage après celui des volailles.

En cas de suspicion, appelez le 1718

"C'est une maladie que l'on peut ni traiter ni prévenir par vaccination", explique Jean-Sébatien Wahlin, porte-parole de l'AFSCA. "Lorsque la peste porcine africaine se transmet à un animal, sanglier ou porc, nous n'avons pas les moyens de guérir de cette maladie. Il faut donc veiller à empêcher que le virus ne se propage. il faut donc veiller que les transports autour du foyer du virus se fassent sous-strictes conditions comme la désinfection, l’interdiction, etc. Toutes ces mesures vont être très vite expliquées au secteur professionnel, chasseurs et grand public."

Le Service Public de Wallonie prépare les mesures de nature à éviter au maximum la dispersion des sangliers à partir de la zone infectée ainsi que les dispositions relatives à la chasse. Le Département Nature et des Forêts a quant à lui renforcé les procédures de vigilance et d'observation. Si l'on fait une découverte suspecte, il faut contacter le call-center du SPW au numéro 1718.

La France sur ses gardes

De l'autre côté de la frontière, le ministère français de l'Agriculture a appelé à "une mobilisation immédiate pour protéger (les) élevages" en France. La présence du viru sur la commune d'Etalle, à une dizaine de kilomètres de la France, "constitue une progression inédite de la maladie qui exige une réponse à la hauteur des enjeux économiques considérables pour les filières agroalimentaires françaises", a souligné le ministère. 

Le ministre dit avoir demandé la mise en place immédiate d'un plan d'action renforcé contre la peste porcine africaine auprès des préfets des Ardennes, de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, des départements frontaliers de la Belgique.

Ce plan prévoit sur ces quatre départements "des mesures de zonage, de restrictions de certaines activités comme la chasse et de surveillance renforcée des élevages et de la faune sauvage" ainsi que "le renforcement des mesures de biosécurité pour éviter l'introduction du virus dans les élevages porcins et des mesures de surveillance en abattoir".

Le ministère rappelle que "l'entrée de toute personne dans une exploitation agricole ne doit s'effectuer qu'après autorisation préalable des éleveurs et dans le respect de toutes les mesures d'hygiène et de biosécurité requises".

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