Détournement de subsides au RAEC Mons: Domenico Leone en correctionnelle

Homme d'affaire et ancien homme fort du football montois, Domenico Leone devra s'expliquer face à la justice montoise.
3 images
Homme d'affaire et ancien homme fort du football montois, Domenico Leone devra s'expliquer face à la justice montoise. - © JOANS HAMERS - BELGAIMAGE

Domenico Leone, l'ancien président du club de foot de l'Albert de Mons, est renvoyé devant le tribunal correctionnel. La justice le soupçonne d'avoir détourné des subsides de la Région wallonne pour un montant dépassant le million d'euros.

Pour la justice, cinq travailleurs subsidiés via des aides wallonnes à la promotion de l'emploi étaient détournés pour faire tourner son club de foot via un montage de sociétés.

Domenico Leone, l'homme fort du football montois

Pendant près de 14 années, cet industriel hennuyer a été président du club de football de Mons. Il investit de l’argent, beaucoup d’argent. Avec ce personnage haut en couleurs, Mons a tout connu. De la remontée parmi l’élite à la relégation en division 2, en passant par la faillite.

Pendant toutes ces années, Domenico Leone a dû chercher de l’argent. L’homme estime d'ailleurs en avoir sorti beaucoup de sa poche. Mais la justice montoise le soupçonne d’avoir également utilisé de l’argent public pour financer une partie de ses activités footballistiques.

Le comptable travaillait pour l’ASBL…Et pour la société anonyme

Concrètement, Domenico Leone est accusé de "détournements de subsides publics". La justice lui reproche d’avoir détourné des subsides octroyés par la Région wallonne. Comment ? Via la mise à disposition de membres du personnel de la ville de Mons et de l’ASBL Royal Albert Élisabeth Club de Mons (sous statut APE) au service de l'autre société créée autour du Royal Albert Elisabeth Club de Mons, société anonyme celle-là.

Secrétaire de direction, comptable ou encore responsable de la communication, au total, 5 personnes subsidiées par la Région wallonne (sous contrat APE) auraient été employées par la société anonyme. Or légalement, les contrats APE ne peuvent être octroyés que dans le secteur non-marchand.

Domenico Leone plaide la bonne foi

Des accusations que réfute Domenico Leone. Contacté par la RTBF, il plaide la bonne foi mais admet tout de même qu’au moins une personne bénéficiant d'un contrat APE travaillait pour la société anonyme: "Nous sommes dans nos droits. Les deux sociétés étaient dans les mêmes bureaux. Et les charges étaient bien déterminées. Voilà. Le comptable travaillait pour l’ASBL…Et pour la société anonyme. Et moi j’étais président des deux. Je travaillais pour les deux".

Que risque-t-il ?

Il s’agit d’un délit. En théorie, entre deux mois et 5 ans de prison. Mais la justice pourrait aussi lui réclamer l’argent issu du "bénéfice tiré par l’octroi de ces APE". La ville de Mons et la région wallonne pourraient donc se porter parties civiles. Car les sommes prétendument détournées donnent le tournis. On parle d’une somme avoisinant 1 200 000 euros.

C’est vendredi que Domenico Leone est cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Mons. L’ancien homme fort du club montois nous a déjà fait savoir qu’il ne se présenterait pas.

 

Du côté du Parquet

En écho aux papiers diffusés sur nos antennes, Christian Henry, le Procureur du roi, a tenu à préciser que le dossier concernant Domenico Leone est né dans le cadre d'une série d'informations sur la Ville de Mons. Les travailleurs sous contrat d'aide à la promotion de l'emploi qui auraient été mis à disposition de la société anonyme RAEC Mons par son ancien président ne sont eux nullement visés par l'enquête, a tenu à préciser le Procureur du roi.  Les cinq travailleurs concernés avaient été engagés par la Ville, qui avait autorisé leur mise à disposition de l'ASBL RAEC Mons, ce que permet la législation APE mais uniquement pour le non-marchand, a souligné Christian Henry.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK