Destination tendance du moment, la planète rouge : trois sondes sont en partance vers Mars

destination tendance cet été, la planète rouge: trois sondes sont en partance vers Mars
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destination tendance cet été, la planète rouge: trois sondes sont en partance vers Mars - © ISRO - AFP

Les missions martiennes se bousculent au portillon. Trois sondes vont décoller vers Mars entre le 17 et le 30 juillet prochain. Les premiers sur le pas de tir depuis le Japon, le 17 juillet, seront les Emirats Arabes Unis, avec leur sonde "Hope" (espoir en français), cette expédition spatiale est une grande première pour un pays arabe.

Ils seront suivis, si tout se passe comme prévu par les chinois, le 22 juillet, avec leur sonde "Tianwen-1" (Recherche de la vérité céleste), un atterrisseur et une astromobile et enfin, le 30 juillet, la plus attendue, la mission américaine de la NASA avec son Rover "Perseverance" qui devrait succéder à "Curiosity" et un petit hélicoptère pour pouvoir s’élever au-dessus du site comme un drone. Grande absente de cette course à la planète rouge, la mission européenne Exomars", victime de problèmes techniques à répétition et du Coronavirus. La mission est reportée à 2022.

Pourquoi tout le monde part en même temps vers Mars

Mais qu’ont-ils tous à vouloir aller sur Mars, en cet été 2020 ? C’est la faute à la mécanique céleste. Véronique Dehant, planétologue à l’Observatoire Royal de Belgique et grande spécialiste de notre planète voisine nous explique : "La Terre et Mars tournent toutes les deux autour du Soleil mais pas à la même vitesse, l’une (la nôtre) en un an, l’autre en deux ans. Il y a des moments, où elles sont très loin, et d’autres comme maintenant où elles sont très proches. Si on veut que le chemin soit le plus court possible, il faut attendre ce moment qui arrive tous les deux ans (26 mois exactement). C’est ce qu’on appelle des fenêtres de lancement. Celle de 2020, commence ce 13 juillet et se termine le 15 août."

Première sonde martienne pour un pays du golfe

Première à partir donc, et grande première pour un pays arabe, La sonde "Hope" des émirats Arabes Unis. Christian Barbier, Chef de projet au centre spatial de Liège, n’est pas vraiment étonné : "L’an dernier, un de leurs concitoyens a séjourné dans la station spatiale internationale et cette mission martienne ambitieuse procède du même intérêt à développer des activités spatiales. La mission a été développée avec le Japon qui fournit le lanceur et deux universités américaines dont Berckeley, qui ont conçu les instruments, les ont testés ainsi que la sonde, elle-même. Elle viendra compléter l’arsenal des sondes qui tournent déjà autour de Mars (une Américaine et une Européenne) pour étudier son atmosphère que l’on ne connaît pas encore parfaitement. Peut-être nous mettra-t-elle sur la piste d'une activité prébiotique ? (Ndlr : une forme de vie primitive). La mission se veut surtout comme une démonstration technologique pour le pays."

Un orbiter, un atterisseur et un petit Rover pour la Chine

Les Chinois ne sont pas en reste. "Ils vont envoyer un orbiter et un atterrisseur pour déployer au sol un petit Rover d'une centaine de kilos": raconte Christian Barbier, "Ce sera la première mission martienne pour les chinois avec une nouvelle fusée qui n’a volé que deux ou trois fois, la long March 5. La mission est très ambitieuse. Même si les Etats-Unis restent la première puissance spatiale, les chinois développent de manière autonome, des systèmes performants d’étude de la Terre ou de navigation propre, comme le GPS américain ou Galiléo l'européen. La Chine avance, elle lance ses propres sondes lunaires et prépare sa prochaine station orbitale."

 

La Nasa avec son Rover Perseverance, un scénario digne d'une film de science-fiction

Reste la mission américaine, Perseverance. "Un véritable scénario de science-fiction que cette mission concoctée par la NASA": lance Pierre-Emmanuel Paulis, enseignant à l’Eurospace Center de Redu et Président de Belgium Mars Society qui promeut les voyages vers notre planète sœur, "Imaginez ce robot de la taille d’une grosse voiture va aller se poser sur la surface de la même manière que son prédécesseur Curiosity, à l’aide d’un treuil, une sorte de grue spatiale, qui le déposera délicatement pendant que le vaisseau s’écrasera un peu plus loin pour ne pas détruire la sonde. Le robot va récolter des échantillons qu’il amassera dans un endroit à l’abri. Puis La NASA enverra une autre mission pour ramener ces échantillons sur Terre vers 2030. C’est inédit. Ce sera la première fois que des chercheurs pourront étudier de véritables échantillons martiens. Le "Graal" serait d’y retrouver des traces de vie primitives. Ce serait une révolution scientifique."

A la clé ? Peut-être des signes de vie ancienne ou primitive, le Graal pour les scientifiques

Pour la scientifique spécialiste de Mars, cette mission est très importante : "Ces roches très anciennes auxquelles Perseverance va s’intéresser lors des carottages sont susceptibles d’avoir préservé des fossiles de vie ancienne. On le sait, il y a eu dans un passé lointain de l’eau à la surface de Mars. Il y avait des nutriments, de l’énergie et de l’eau liquide, tous les ingrédients pour y abriter la vie. Le robot est programmé pour creuser aux endroits où l’on voit des traces de ces anciens deltas de rivières ou de lacs permanents. Nous avions une expérience belge qui aurait du partir aussi là-bas à bord d'Exomars, malheureusement, la mission européenne avec les russes a dû être postposée à dans deux ans, mécanique céleste oblige. Mais il vaut mieux attendre que tout soit prêt et avoir des résultats."

C'est sûre  la planète rouge intéresse de plus en plus de monde, y compris le "privé". Elon Musk, le patron de Tesla et de SpaceX prépare un gigantesque vaisseau pour aller directement sur Mars. Peut-être même, ces sociétés privées pourraient y débarquer avant les agences gouvernementales. Une chose inimaginable, il y a encore quelques années, où seuls des pays avaient cette capacité. 

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