"Désormais, on a moins peur du sida", estime Céline Danhier, directrice de l'asbl SIDA SOS

Depuis l'apparition du sida, le nombre de personnes infectées est en baisse. Mais, les infections sexuelles transmissibles (IST) elles, ne cessent d'augmenter. Selon un récent rapport, chez nos voisins français le nombre d'infections a été multiplié par trois entre 2012 et 2016. 

Pour Céline Danhier, directrice de l'asbl Sida SOS, les jeunes auraient moins peur du sida et se protégeraient moins qu'avant. Nombreuses sont les personnes à avoir un comportement à risque sur base de clichés.

Céline Danhier démonte ces idées reçues qui ont la vie dure. 

Si j'ai un rapport sexuel avec une personne séropositive, c'est risqué ? 

"Il y a eu des gros progrès ces dernières années pour permettre aux personnes atteintes par le virus du VIH de vivre une vie normale. Et éviter qu'elles ne transmettent le virus à leurs partenaires. 

Désormais il est possible d'avoir un rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive sans aucun risque de transmission. Sous certaines conditions. Il faut que la personne atteinte soit sous traitement et que sa charge virale soit indétectable depuis plus de 6 mois. C'est-à-dire que la quantité de virus dans le sang soit à un niveau trop faible pour être transmise". 

Tinder, Grindr, Happn... dois-je m'inquiéter si j'ai plusieurs partenaires sexuels ? 

"Les réseaux sociaux ont considérablement bouleversé nos rapports humains et plus directement les rencontres et les rapports sexuels. On le constate, les jeunes ont tendance à multiplier les partenaires. 

Ce n'est pas un problème en soi mais ça le devient quand on ne sait pas si son partenaire est porteur d'une IST. On nous dit souvent "c'est bon, il/elle a l'air clean...". Dans la plupart des cas, le partenaire l'ignore lui-même, et ce, malgré les dépistages. Il y a à chaque fois un délai. Pour le VIH, il faut 6 semaines avant d'avoir un test totalement fiable. 

Alors on pousse un maximum les gens au dépistage. Car si tout le monde savait, on pourrait complètement éradiquer les maladies sexuellement transmissibles".

Le préservatif est-il toujours utile? 

"On le voit aujourd'hui sur le terrain : les jeunes n'utilisent plus le préservatif, par gêne d'en acheter ou d'en parler avec son partenaire. Pourtant le préservatif est essentiel pour se prémunir du sida et des IST comme la chlamydia et la gonorrhée. Des infections qui sont en recrudescence chez les jeunes. 

Désormais on a moins peur du sida et comme je le disais, il est possible d'avoir des rapports sexuels avec une personne séropositive sans risquer de l'avoir. Mais peu de personnes semblent connaitre l'existence de ces IST dont les conséquences peuvent être graves. Comme la chlamaydia qui peut entraîner une stérilité parfois. 

Pas la peine pour autant de paniquer. Il faut simplement bien s'informer et se protéger". 

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