Désespérés, des migrants tentent la dangereuse traversée de la mer du Nord vers la Grande-Bretagne

Quatorze migrants se sont retrouvés à la mer, mardi, au large de La Panne lorsque leur bateau a chaviré, lors d’une tentative de rejoindre la Grande-Bretagne. Ils auraient tous réussi à nager jusqu’à la côte. Six ont été retrouvés, et vont être entendus, et huit autres sont introuvables.

Une enquête pour trafic d’être humain a été ouverte pour tenter de trouver les passeurs responsables. Les tentatives se multiplient depuis les plages belges, alors que la traversée est très dangereuse. Pourtant, les migrants sont prêts à prendre le risque Après le naufrage de mardi, la VRT en a rencontré certains, qui vivotent près de la côte belge, campant dans les bois ou dans des bâtiments désaffectés. Ils témoignent.


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La traversée, cette fillette irakienne veut la tenter, même si l’eau est froide. "Nous allons partir en Grande-Bretagne, parce que ce n’est pas bien pour nous la France et l’Italie. Nous étions dans un camp en Italie, mais nous n’avions aucune chance". Un homme, à côté d’elle, précise : "Il fait froid ici. L’eau est froide aussi. Mais partir est mieux que rester ici".

Pashew, Irakien également, a tenté plusieurs fois de sauter dans des camions en route vers l’île britannique, mais sans succès : "Je n’ai pas eu de change, la police m’a attrapé plusieurs fois".

Contrôles renforcés du côté français

Alors que les contrôles des camions se rendant en Grande-Bretagne se sont renforcés, notamment via des caméras thermiques, les migrants tentent depuis quelques mois la traversée de la Manche, depuis la France donc, en bateau. Et la traversée via la mer est moins chère, car beaucoup plus risquée.

En 2019, au moins 173 bateaux ont réussi à faire la traversée de la France vers le Royaume-Uni. Il y avait un total de 1948 migrants et réfugiés à bord. En moyenne 11 personnes par bateau. Parfois des bateaux de fortune.

Mais les autorités françaises ont également renforcé les patrouilles en mer. "Cela se passe plus fréquemment dans le nord de la France, mais les contrôles s’étant renforcés là-bas, le problème se déplace chez nous", analyse le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé.

Or, la traversée est encore plus dangereuse en mer du Nord. Comme dans la Manche, à cause du trafic maritime très dense et des courants forts. Mais, en outre, la distance à parcourir pour atteindre la côte britannique est doublée depuis la Belgique.

Nico Paelinck, chef de corps de la police de la "Westkust", explique ces tentatives de traversée via les plages belges "parce que les migrants sont vraiment désespérés". A l’approche du Brexit, certains prennent de gros risques.

Pour lui, ce sont les trafiquants d’êtres humains "qui essaient de nouvelles routes pour éviter les contrôles qui se renforcent côté français".

Journal télévisé du 22/01/2020

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