Des victimes des attentats, des tueries du Brabant et de Dutroux marcheront ensemble le 9 novembre

Des victimes des attentats, des tueries du Brabant et de Dutroux marcheront ensemble le 9 novembre
Des victimes des attentats, des tueries du Brabant et de Dutroux marcheront ensemble le 9 novembre - © Tous droits réservés

Ils n'ont pas la même histoire ni forcément les mêmes blessures, mais ces victimes des attentats de Bruxelles, des Tueries du Brabant et de Marc Dutroux ont les mêmes revendications, principalement autour de l'aide qui leur est apportée par l'Etat belge. Ils ont décidé de marcher ensemble, le 9 novembre prochain à Alost. La date et le lieu ne sont pas choisis au hasard. C'est à Alost qu'il y a 33 ans, jour pour jour, les Tueurs du Brabant ont commis leur dernière fusillade, au Delhaize d'Alost. 

David Van de Steen, a assisté au meurtre de ses parents et de sa sœur dans cette attaque. Depuis, il cherche la vérité et la justice dans cette affaire, mais aussi de l'accompagnement en tant que victime. Il est à l'origine de cette marche commune.  "Je n'ai plus beaucoup d'espoirs par rapport à l'enquête", se désole M. Van de Steen. "La seule chose qui peut encore changer est l'aide aux victimes. Il n'y a quasiment rien de prévu pour celles des tueurs, de Dutroux, de Zaventem, de Maelbeek. Si une nouvelle affaire surgit, ce sera la même chose pour les nouvelles victimes. Il faut un peu plus d'humanité dans le système. C'est aujourd'hui un labyrinthe de paperasses, alors que cela devrait être transparent."

"Officiellement, je suis reconnu comme une victime du 22 mars, mais en pratique, cela n'a aucun effet."

Car le 9 novembre, Jean Lambrechts, le père d'Eefje, victime de Marc Dutroux, défilera également, ainsi que des victimes du 22 mars qui, deux ans et demi après, se sentent abandonnés par l'Etat.

Philippe Vandenberghe, travaillait à Brussels Airport le 22 mars 2016. Il a assisté aux explosions et a porté les premiers secours. "Officiellement, je suis reconnu comme une victime du 22 mars, mais en pratique, cela n'a aucun effet. Les assurances n'interviennent pas, l'employeur n'intervient pas et ne reconnait pas l'invalidité. A mon avis, j'en ai encore pour deux ans de procédures administratives pour pouvoir obtenir tout ce à quoi j'ai droit. Quand je compare avec la France ou l'Espagne, ils ont un système de prise en charge de victimes intégré, avec un point de contact central pour les victimes ainsi qu'une aide directe de l'Etat, qui prend en charge les démarches auprès des assurances. Il y a un monde de différence."

Philippe Vansteenkiste a perdu sa sœur à l'aéroport le 22 mars et a fondé l'association de victimes V-Europe. "En tant que victimes de crimes, on vit tous la même chose, mais le système qui est en place en Belgique est hyper complexe et on se sent seul. Nous sommes citoyens de l'Etat belge et il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Il nous faut quelque chose de concret pour réintégrer la société."

En ce qui concerne la marche en elle-même, ce sera un cortège silencieux "pour les victimes de la terreur et de crimes graves, contre la justice déliquescente et les affaires étouffées, contre le manque d'aide aux victimes", explique l'organisateur Michel Markey.

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