Des vétérinaires insultés suite à l'euthanasie d'animaux errants blessés: "On nous traite de bouchers"

Des vétérinaires insultés suite à l'euthanasie d'animaux errants: "On nous traite de bouchers"
Des vétérinaires insultés suite à l'euthanasie d'animaux errants: "On nous traite de bouchers" - © TSAI MING-TEH - AFP

"De plus en plus souvent, les médecins vétérinaires se font agresser", dénonce un communiqué de l'Union Professionnelle Vétérinaire (UPV). En cause, le refus de soigner des animaux errants retrouvés blessés sur la voie publique. L'euthanasie demeure la piste privilégiée, mais elle fait grincer des dents.

Avec l'augmentation constante du trafic routier, de plus en plus d'animaux errants sont retrouvés blessés sur le bord de nos voiries. Des particuliers leurs portent parfois secours. Mais une fois chez le vétérinaire, l'histoire se termine par euthanasie dans la plupart des cas, accompagnée d'une pluie d'injures.

Pour le Dr. Alain Schonbrodt de l'UPV, le problème relève d'un phénomène émotionnel: "Un animal handicapé devra se battre toute sa vie et va forcément souffrir. Un professionnel doit parfois prendre de la distance par rapport à une situation, pour le bien-être de cet animal", explique-t-il.

Jamais de gaieté de cœur

Si l'euthanasie d'un chien ou d'un chat n'est jamais perçue d'un bon œil dans l'opinion publique, il s'agit pourtant généralement du meilleur compromis possible. "On ne fait jamais cela de gaieté de cœur, assure le vétérinaire. Il est inutile de déployer des moyens pour des animaux souvent devenus asociaux, qui ne supportent plus le contact de l'homme, et dont parfois personne ne veut non plus."

Et quand un animal peut être sauvé, d'aucuns s'indignent de devoir mettre la main au portefeuille. "Certaines associations veulent que l'on soigne ces animaux gratuitement pour elles. Les gens se disent que l'on exerce une profession rentable, et qu'on peut bien travailler gratuitement de temps en temps." Sur les réseaux sociaux, les insultes fusent: "On nous traite de bouchers, comme si nous n'éprouvions aucune compassion", déplore-t-il.

Pourtant, apporter les soins nécessaires à un animal en souffrance requiert du temps et de l'argent. "Pour une ostéoplastie (réparation du squelette à partir de fragments, NdR), il faut déjà compter 2000€. On reste bien en dessous des tarifs pratiqués en médecine humaine, mais mes collègues donnent de leur temps et doivent investir dans des produits spécifiques, des fournitures ou des médicaments".

Une décision politique se fait attendre

Pour éviter de telles situations à l'avenir, l'UPV travaille depuis huit ans sur la mise en place d'un réseau de vétérinaires urgentistes, rémunérés par leurs communes. Bien que ce soit déjà le cas dans certaines grandes villes, aucune structure publique n'existe pour les plus petites localités. "Nous avons présenté le dossier au gouvernement wallon. On nous indique que la question est étudiée, mais qu'il ne s'agit pas d'une priorité", regrette-t-il. À bon entendeur.

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