Des substances toxiques présentes en petite quantité dans les protections hygiéniques

Les tampons ne sont pas toxiques
2 images
Les tampons ne sont pas toxiques - © Tous droits réservés

Les tampons et serviettes contiennent des substances chimiques mais en faible quantité et sans dépassement des seuils sanitaires. Le risque viendrait plutôt de leur utilisation, selon une étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail (l'Anses) . 

Pourtant interdits depuis 2000 en Europe, on retrouve du lindale et du quintozène dans nos serviettes hygiéniques. À côté de ces deux pesticides, on retrouve aussi l'herbicide de Mosanto, le glyphosate.

Suite à ces découvertes, les ministères en charge de la Santé et de l'Économie ont saisi l'Anses pour évaluer les dangers de ces substances chimiques préoccupantes.

L'agence a publié ce jeudi son évaluation des risques sanitaires venant des protections hygiéniques. Elle a du évaluer la sécurité des protections intimes (tampons, serviettes hygiéniques, protège-slips et coupes menstruelles) et les risques du syndrome de choc toxique (SCT) menstruel. 

L'expertise ne met pas en évidence de risque lié aux substances contenues dans les tampons et autres protections.

La qualité à améliorer

L'étude révèle une faible présence de ces substances qui ne dépasse pas les seuils sanitaires. L'Anses recommande tout de même aux fabricants d'améliorer la qualité des produits pour les réduire au maximum.

Elles viendraient de la contamination des matières premières ou des procédés de fabrication. "Par exemple le coton qui a pu être traité et puis, il y a d’autres substances qui se forment dans le processus de fabrication de ces protections intimes. Des procédés de blanchiment qui peuvent parfois utiliser des agents chlorés", a expliqué Gérard Lasfargues, directeur général délégué de l’Anses, à Franceinfo.

Donc en choisissant des matières premières de meilleure qualité et en travaillant les procédés de fabrication, les confectionneurs pourraient éliminer les substances aux effets cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques, et les perturbateurs endocriniens

Bien qu'il existe des règles économiques sur les protections hygiéniques, il n'en existe aucune sur la composition de celles-ci en Belgique. L'Anses recommande aussi aux fabricants d'établir un cadre réglementaire plus restrictifs pour limiter la présence de substances chimiques et ce, au niveau européen. Elle soutient, dans le cadre du règlement européen REACh, un projet de restriction des substances CMR dans les produits d’hygiène féminine.

Et le syndrome de choc toxique menstruel ?

Il est le risque principal lié au port de protections hygiéniques internes comme les tampons et les coupes menstruelles (il n'existe pas avec les protections externes). Mais il n'est pas du à la présence des substances.

C'est par une toxine bactérienne d'un staphylocoque doré, la TSST-1, que le syndrome peut survenir. Les risques d'en attraper un augmente avec l'utilisation prolongée d'une protection interne et/ou de l'utilisation d'une protection à trop forte capacité d'absorption. 

L'Anses recommande de renforcer l'information des femmes par rapport à cette maladie et des professionnels de la santé. Elle demande aux fabricants de partager des indications claires et précises sur les notices et emballages des produits pour mieux comprendre cette maladie et ses symptômes. 

L'important pour l'agence est de respecter les conseils d'utilisation propres à chaque protection : ne pas porter trop longtemps un tampon, ne les utiliser que pendant les règles, les choisir avec un pouvoir absorbant adapter à son flux. Il est recommander de respecter les règles d'hygiène de base comme se laver les mains avant et après leur utilisation. 

Des essais supplémentaires sont lancés pour mieux caractériser la composition des produits hygiéniques

Ces essais vise à compléter l'avis de l'agence et à mieux caractériser la composition des tampons et coupes menstruelles dont les informations sont "insuffisantes".  "Normalement, l’élastomère ou le silicone qui les composent sont de qualité médicale, mais certaines coupes peuvent libérer des composés organiques volatils ou des phtalates", expliquait le professeur Gérard Lasfargues. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK