Des steaks hachés frauduleux distribués aux plus démunis: cela pourrait-il arriver en Belgique?

l'AFSCA réalise ses contrôles sur base des normes européennes
l'AFSCA réalise ses contrôles sur base des normes européennes - © REMY GABALDA - AFP

C'est un véritable scandale sanitaire qui a éclaté ce vendredi en France. Après analyse, il a été mis au jour qu'une énorme quantité de steaks hachés présentant trop de gras, des tissus de peau de mauvaise qualité et des excès d'amidon et de soja ont été vendus à des associations caritatives puis redistribués à des personnes dans le besoin, notamment via les Restos du cœur ou la Croix rouge. Une actualité qui met au devant de la scène les tests auxquels sont soumis les aliments redistribués aux plus démunis. Mais qu'un tel scandale pourrait éclater en Belgique ? 

Dans nos frontières, les associations qui reçoivent des produits alimentaires sont soumises à des contrôles très stricts. Comme souvent, c'est l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire qui assure la qualité des produits servis aux bénéficiaires. Aux Restos du Cœur, notamment mais cela se fait indirectement car l'association se fournit principalement des grandes surfaces et des commerces locaux. Dans chaque restaurant la viande servie par exemple vient directement des boucheries les plus proches. "Ce sont tous des lieux contrôlés par l'AFSCA et donc nous on fait confiance aux étiquettes, affirme Patrick Dejace, directeur de la fédération des Restos du Cœur de Belgique. Ce n'est pas au coin d'une rue qu'on va chercher une personne ou une entreprise où il n'y a pas d'enseigne devant."

Des risques existent

Du côté de l'agence de contrôle sanitaire, on précise que les contrôles sont réalisés sur base des normes européennes. Elles permettent de contrôler "ce qu'il ne faut pas dépasser en termes d'affitifs, de quantité de viande" ainsi que tous les éléments qui peuvent être appelés "steak haché". "On va contrôler essentiellement à la source et la majorité de nos contrôles sont basés sur le risque et c'est à la source qu'on détecte le plus facilement le risque", rapporte Stéphanie Maquoi, porte parole de l'AFSCA.  

L'organisation est bien consciente que son travail est important pour les banques alimentaires, c'est pourquoi elle garantit, par ses analyses, le maximum de traçabilité. "Ce qui est important du côté des banques alimentaires c'est un système de traçabilité qui soit maintenu à jour et c'est ce que l'AFSCA va contrôler, explique la porte-parole. S'il y a un problème, un consommateur tombe malade, on peut remonter le plus rapidement possible à la source du problème et à l'inverse, s'il y a un problème détecté à la source, on peut suivre le plus rapidement possible les consommateurs ou les distributeurs si le produit n'a pas encore atteint le consommateur."

Malgré les certifications de l'entreprise, Patrick Dejace estime qu'il y a toujours un risque de fraude. "Il y a quand même toujours des personnes qui tentent de faire du profit sur le dos des particuliers et dans notre cas, sur le dos des bénéficiaires", déplore-t-il. Si aucun produit consommé par les personnes aidées par les associations françaises n'est dangereux pour la santé, ce scandale éclabousse une nouvelle fois le secteur.

Le réseau européens des organismes de contrôle pour la sécurité de la chaîne alimentaire, dont fait partie L'AFSCA, va intensifier ses échanges pour détecter plus rapidement les fraudes.

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