Comment a-t-on identifié ces trois soldats morts au front en 1914 dont la dépouille a été retrouvée en 2016 ?

Des soldats morts au front en 1914, identifiés grâce à leur ADN, réinhumés à La Panne pour les 100 ans du cimetière
Des soldats morts au front en 1914, identifiés grâce à leur ADN, réinhumés à La Panne pour les 100 ans du cimetière - © Tous droits réservés

C’est une histoire digne d’une véritable enquête policière, et c’est une première depuis 1975: des soldats belges morts au front en 1914 ont été retrouvés, et surtout identifiés. Comment cela a-t-il été possible?

Ils ont été déterrés par hasard lors de fouilles préventives en 2016 à Dixmuide, non loin de la côte belge. le premier indice a été l'uniforme des soldats. Et plus précisément les boutons de leur uniforme, car on y voit le chiffre 12. Ils appartenaient donc au douzième régiment de Ligne. Ensuite, les hommes avaient été enterrés dans une tranchée. Étant donné l'endroit où ils ont été retrouvés, c'est-à-dire sur la rive allemande à l'époque de l'Yser, cela veut dire qu'ils ont perdu la vie entre le début de la bataille de l'Yser et la chute de Dixmude, c'est-à-dire entre le 16 octobre 1914 et le 10 novembre. 

Connaissant ces éléments, le lieutenant-colonel Rudy Baert, qui travaille au War Heritage Institute, s'est alors plongé dans les archives: "Il fallait réduire la liste des victimes possibles. dit-il. Nous avons réussi, grâce à un document qui décrit les événements le soir du 24 octobre 1914". 

Et sur ce document, on peut lire ceci : "Samedi 24 octobre, 18 heures, les hommes procèdent à l'enterrement de Jacquet, de Pintens et de Destrer. Il reste d'autres morts dans la tranchée (Touchet), impossible d'explorer celle-ci à cause de l'obscurité et du tir qui continue." C'est ainsi que les chercheurs ont obtenu trois noms: Jacquet, Pintens, et Destrer. Il s'avérera ensuite que Destrer est mal orthographié. En comparant avec les noms des membres du douzième de Ligne, ils en déduisent qu'il s'agit sûrement d'un certain Dethier. Mais comme les sources généalogiques ne permettront pas de trouver qui ils sont avec certitude, il faudra passer par des prélèvements ADN.

La complexité de l'ADN

C'est là que la démarche s'est compliquée. Il a fallu identifier des descendants potentiels et plus spécifiquement la ligne féminine des descendants.  Effectivement, pour une analyse ADN, il faut avoir de l'ADN mitochondrial, celui qui passe de la mère à l'enfant. "Il a fallu passer des dizaines de coups de fil", a confié l'un des enquêteurs.

Mais la recherche a fini par payer . Ils ont fini par retrouver une demi-cousine du soldat Gérard Dethier, une petite fille de la cousine du soldat Petrus Pintens. Les deux identifications se sont révélées positives. Le troisième soldat liégeois, Félix Jacquet, a été identifié par déduction. Son acte de décès, établi par le tribunal de première instance de Liège, précise qu'il est décédé le 24 octobre 1914.

Inhumés le 1er juillet prochain

Les trois soldats seront à nouveau inhumés le 1er juillet prochain dans le cimetière militaire de la Panne. Cela se passera 100 ans jour pour jour après la création du cimetière.

"Pour la commune de La Panne, c’est très important de montrer qu’on n’a pas oublié ces jeunes soldats qui ont donné leur vie pour la paix. Même 100 ans plus tard"  a expliqué le bourgmestre.

 

 

 

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